‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 29 sur 356 · Lebensansichten des Katers Murr, HW, IX, 73; X · texte numérisé non relu

Lebensansichten des Katers Murr, HW, IX, 73; X

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quente chez les héros de Hoffmann. Si fréquente qu’elle tourne au procédé, à la manie. Hoffmann lui-même paraît avoir eu l’intention de s’en moquer un peu à l’occasion (7). Mais l’expression de son ironie est fugitive et n’atténue pas la valeur des innombrables passages où il a exprimé ses conceptions.

Parmi les êtres naïfs et sentimentaux dont l’âme peut le mieux vibrer à l’unisson de la vie de la nature figurent en bonne place les amoureux. Ils en perçoivent les manifestations sonores aussi bien que les poètes, les musiciens, les enfants. La Nature, la Musique et l'Amour se fondent ensemble, et, dans le Choix d’une fiancée, deux jeunes gens l'indiquent bien, en citant un poète romantique pour qui Hoffmann eut la plus grande admiration Fouqué (°°).

Faut-il signaler encore les sonorités musicales qui accompagnent l'accord des cœurs d’Anselme et de Serpentina, dans le Vase d’or?

L'amour est également, pour le musicien, générateur d’inspiration. Dans la Cadence, le musicien Théodore, dont le prénom seul suggère qu’il personnifie l’auteur lui-même, raconte à son ami comment il a quitté Rome et les deux musiciennes italiennes qu’il y avait suivies (*°). Le rôle de l’amour dans la vie de l’artiste est défini là avec toute la précision désirable. Pour Hoffmann, il ne doit servir que d’excitation artistique. Lorsque, sous l'influence de la femme, l’étincelle a jailli du cœur de l'artiste, le rôle matériel de l’amour est terminé. Vouloir prolonger l’aventure, et surtout vouloir la pousser jusqu’à la possession, c’est détruire le caractère idéal qu’un tel ferment, éveilleur du génie naturel, doit toujours conserver. La musique éveillée dans l’âme de l’artiste est une flamme lumineuse qui ne s’éteindra jamais, à condition que le terre-à-terre quotidien de l’existence philistine ne vienne pas l’étouffer sous sa grisaille prosaïque. Ici encore, Hoffmann est logique avec lui-même : la basse et vulgaire réalité tue l’inspiration idéale. Celui qui est sous son influence

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