‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 286 sur 356 · TDR, II · texte numérisé non relu

TDR, II

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ne permet de croire que cette aspiration à une société idéale d'hommes vertueux ait été chez Beethoven autre chose qu’un sentiment purement théorique.

Les Cahiers de conversation ne contiennent qu'une allusion au républicanisme de Beethoven. Elle date de 1823 et ne peut guère être prise au sérieux : au cours d’une conversation à bâtons rompus, le conseiller Peters, répondant à un propos de Beethoven que le cahier n’a pas conservé, mais qui devait être excessif, le traite de révolutionnaire et même de carbonaro (°°°).

Aucune de ces indications n’est absolument convaincante, et ceux même des biographes de Beethoven qui éprouveraient une grande joie à constater qu’il fut un pur et sincère démocrate n’osent se prononcer nettement dans ce sens (***). Dès sa jeunesse, à Bonn, l'atmosphère de la petite principauté où 1l vivait lui-a plutôt communiqué l’idée d’un despotisme éclairé, paternel et libéral, où se marieraient les conceptions politiques de Platon et l'idéal de république vertueuse de Montesquieu (°°°). Par la suite, malgré toutes les manifestations de sa mauvaise humeur politique qui nous ont été transmises par de nombreuses anecdotes, le fond de ses conceptions politiques ne semble guère avoir varié. Son idéal positif a été Joseph II, le bon monarque, le despote éclairé et libéral (°°°).

Le monarque idéal dont rêvait Beethoven est celui qui règne sur l'Espagne de Fidelio. Son autorité paternelle et sentimentale se montre soucieuse à la fois de distribuer la justice, de gagner l’affection de ses sujets et de réaliser dans ses Etats une société naturellement vertueuse parce que fondée sur la fraternité humaine. L'existence de ce tyran débonnaire et équitable ne sera pas un obstacle à la liberté que les prisonniers délivrés chantent, au final de l’œuvre, dans un débordement d’allégresse.

Tels sont les traits qu’avaient déjà prêtés à Joseph II et à Léopold IT les deux cantates composées par Beethoven en 1700 pour déplorer la mort du premier et célébrer l’avènement. du second (°7). Les deux poèmes célèbrent le souverain, mort ou vivant, comme un « père ». Le mérite de Joseph IT est d’avoir vaincu l’hydre du fanatisme et donné ainsi à l’humanité la lumière et le bonheur. Quant à Léopold IT, son avènement est salué avec enthousiasme sur terre et dans le ciel. La conception politique qui paraît dans l’une comme dans l’autre pièce est celle de

293. Cahier 28 d’avri 2 : ie si 1 i 1 < 298 Pour ins | a D. 24 b : « Sie sind ein Revolutionar, ein Carbonaro » ss RS M re 25-26; Kd. HERRIOT, Vie de Beethoven, 123, 266;

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