‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 288 sur 356 · Cf. plus bas · texte numérisé non relu

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300, L. F. SCHIEDERMAIR, ouv. cité, 409-410.

3o1. I. F. SCHIEDERMAIR, Die Gestaltung weltanschaulicher Ideen in der Vokalmusik Beethovens, 10.

302. « Kein Aug’ ist da, das seinem Fürsten nicht begegnet, Kein Herz ist nah, das nicht sein Landesvater segnet.» (Beethovens Werke, série 21, n° 208 : Der glorreiche Augenblick, 78-80.)

303. « Und das Hôchste seh’ ich geschehen Und mein Volk wird Zeuge stehen, Wenn ein gesprengter Weltteil wieder Sich zum Ringe fügt und schliesst Und zum Bunde friedlicher Brüder Sich die gelôste Menschheit küsst. »

(Tbtd., 39-42.)

. Ici encore, l’insistance avec laquelle Beethoven fait répéter les paroles indique bien quelle importance il leur a attribuée.

Les œuvres composées en 1812 pour l'inauguration du théâtre de Pest, sur des poèmes de Kotzebue, exprimaient la même conception des rapports entre le souverain et ses sujets. Dans Le roi Etienne, au n° 2, le chœur rappelle qu’il errait dans l’obscurité et que la venue du roi a fait jaillir la lumière. Etienne est appelé « père » et « sauveur » (**). Le chœur final chante d'avance le bonheur des générations futures dont « la confiance filiale sera le plus beau diamant de la couronne » (*”*). Au final des Ruines d'Athènes, le grand-prêtre demande aux dieux de faire apparaître entre les autels de Thalie et de Melpomène celui du roi, afin qu’il soit « au milieu de ses enfants ». La prière est exaucée, un autel surgit de terre, portant le buste du souverain et l’inscription : À notre père. L'œuvre s'achève par un chœur enthousiaste où le peuple hongrois renouvelle son serment de fidélité au roi (°°°).

Toutes ces pièces de circonstance, médiocres poèmes officiels peu propres à inspirer un musicien, rendent hommage à des souverains vivants ou morts, et l'hommage à un personnage historique n’est qu’une allégorie transparente adressée en réalité au monarque actuellement régnant. La musique y souligne les idées de fraternité et de fidélité à un prince paternel au moyen du procédé le plus simple : celui de la répétition des paroles. L'importance que Beethoven accorde à l'expression de ces idées, chaque fois qu’il les rencontre, montre qu’elles lui tenaient au cœur. On retrouve donc dans son œuvre, dans l’époque qui précède immédiatement 1815, le reflet de la conception politique qu’il avait mise en valeur dans ses deux cantates de Bonn. La crise révolutionnaire est passée, le joséphisme reparaît.

Le témoignage de Schindler vient d’ailleurs confirmer cette constatation. En 1815, dit-il, Beethoven lui donnait souvent rendez-vous dans une certaine brasserie où, dans une salle particulière, se réunissaient des joséphistes convaincus. Beethoven était parfaitement à l’aise au milieu d’eux. Son idéal, à ce moment-là, était la constitution anglaise (*!°?).

À cette admiration pour l’absolutisme éclairé et libéral de Joseph IT et pour la constitution anglaise Beethoven va rester fidèle

304. Beethovens Werke, série 20, n° 207 b : Kônig Stephan, 49 et suiv.

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