Tbid., n° 207 : Die Ruinen von Athen, 90 et suiv
307. « Es dauerte nicht lange, so lernte ich dieses Lokal als eine Quasi-Krypta einer kleinen Anzahl Josephiner vom reinsten Wasser kennen, zu denen unser Tonmeister eben keine Dissonanz gebildet, denn sein republikanisches Glaubensbekenntnis hatte durch
nähere, in diese Zeit fallende Bekanntschaft mit der englischen Staatsverfassung bereits einen empfndichen Stoss erhalten. » Cité d’après TDR, III, 527.
De
jusqu’à la fin de sa vie. C’est en fonction de ce sentiment qu’il faut comprendre toutes les critiques qu’il adresse au gouvernement autrichien de son temps.
En 1817, un de ses visiteurs, Cipriani Potter, constatait, comme 1l devait plus tard le déclarer à Thayer, que la politique jouait un rôle dans la conversation de Beethoven. Il présente Beethoven comme un adversaire du gouvernement autrichien et comme ayant le désir de faire un voyage en Angleterre (*°).
Les Cahiers de conversation des dernières années renferment une assez grande abondance de notes où sont formulées à l’égard du gouvernement autrichien des critiques dont la liberté de ton montre que les interlocuteurs de Beethoven avaient conscience d’être en communion d’idées avec lui.
Dans un cahier de février-mars 1820, Beethoven inscrit ce simple jugement : « un gouvernement paralytique » (°°°).
Dans le même cahier, quelques jours plus tard, Blôchlinger . exprime humoristiquement son opinion sur le régime autoritaire
excessif auquel était soumise l'Autriche (*’°). En juillet 1820, le peintre Stieler opine : « C’est un gouvernement comme à Abdère » (*!),
Paresse, autoritarisme et niaiserie sont donc les défauts attribués au gouvernement autrichien. Une forme particulièrement désagréable de l’autoritarisme est l’espionnage policier. En novembre 1822, le neveu de Beethoven écrit dans un carnet quelques phrases dont le ton fantaisiste ne dissimule pas la crainte des mouchards (*'?).
Quelques mois après, fin mai 1823, Karl invite son oncle à être prudent dans ses conversations avec un chambellan (°°). Cette brève note vient confirmer que Beethoven était loin d’approuver le régime sous lequel on vivait à Vienne.
La censure est l’objet de plaintes nombreuses. Entre la fin de 1823 et le début de 1825, Karl, Schindler, Bernard et
308. « Gleich am ersten Tag des Zusammenseins stürzte sich Beethoven darauf [— sur la politique] und belegte die ôsterreichische Regierung mit allen môglichen Namen. Er war erfüllt von dem Gedanken, nach England zu kommen » (Zbid., IV, 57).
309. Cahier de conversation 7 (34), p. 56 b : « eine lahme regierung ». Ed. W. Nouz, 369,
310. Zbid., p. 74 a : « Es wird jetzt hier auf dem Congress an einem Gesetz gearbeitet, wodurch vorgeschrieben wird, wie hoch die Vôgel fliegen und wie schnell die Hasen laufen sollen » (Ed. W. NOHL, 375).
311. Cahier de conversation 14 (23), p. 3 4 : « Es ist eine Regierung wie in Abdera ».
312. Cahier 8 (14), p. 34 : « Silentium! Die Stôcke haben Ohren !... (3 b) Wir, Herr Carl van Beethoven, sehen mit unserem hellen Blick voraus, dass eine, bey einem solchen -Gespräche (4 a) leicht môgliche Wendung auf Dinge hinführen kann, die nicht von jedermann, besonders von verdächtigen Personen dürften gehôrt werden, um 50 mehr, da alles aufmerkt, sobald Jemand Politisches spricht. »
313. Cahier 34 (60), p. 2 b : « Der Baron ist Kammerherr beym Kaiser.
« Ich meine nur, du sollst nichts gegen die Regierung mit ihm reden. »
Grillparzer lui-même racontent les exploits des censeurs et la façon dont Ottokar a été traité jusqu’à ce que l’empereur en personne mette fin au litige en ordonnant que la pièce de Grillparzer soit représentée (*!*).
Au début de 1825, un interlocuteur désigné par Schindler comme « un professeur d’un institut » (sans doute d’une école à laquelle Beethoven songeait à confier son neveu) fait une autre critique : le gouvernement ne désire pas que l'instruction se répande (°*°).
En août de la même année, Karl Holz, après avoir demandé à Beethoven pourquoi il a quitté les bords du Rhin, lance contre la Sainte Alliance une accusation que le contexte ne permet pas de préciser (°°). Quelques jours plus tard, le même Holz énumère les défauts qu’il reproche au régime actuel et use d’une comparaison chirurgicale pour le montrer inférieur à celui qui l’a précédé (°7).
En septembre, Schindler, parlant d’un pianiste que Haslinger voudrait présenter à Beethoven, fournit à ce dernier l’occasion d’une plaisanterie facile et qu’on devine sans peine, sur le double sens du mot « constitution ». C’est une preuve de l’opinion de Beethoven sur son gouvernement (**). Peu de jours après, toujours en septembre, l'éditeur Schlesinger, répondant sans doute à une tirade de Beethoven contre le régime, appelle de ses vœux la venue d’un homme « raisonnable et éclairé, un second Frédéric », et se plaint de la rigueur de la censure littéraire (1). En septembre encore, une appréciation de la censure reparaît dans un propos de Holz : le musicien échappe plus facilement
314. Cahiers 42 (124), p. 2 b (Grillparzer); 48 (66), pp. 21 b et 22 a (Karl); 54 (x25), pp. 54 et 8 b (Schindler); 62 (56), pp. 19 a et 19 b (Karl Bernard); 75 (80), pp.32 b et suiv. (Karl); 79 (25), p. 26 b (Johann van Beethoven).
315. Cahier 79 (25), p. 6 b : « Man will auch nicht dass die jungen Leute studieren, man will finsterniss, Pietismus. »
316. Cahier 88 (68), p. 13 b : « Prächtiges Land längs den Rhein, warum haben Sie es verlassen ?
« Das kommt wieder auf h. Allianz. »
317. Cahier 89 (2), p. 25 a : « Zu viel Beamte, zu viel Militär, zu viel Geld, zu viel Pfaffen, zu wenig Verstand.
(25 b) « Es geht wie in der Chirurgie; vordem war das wilde Fleisch um die Wunde rasch ausgeschnitten und zugeheilt, jetzt aber setzen sie fontanelle, und martern den Patienten täglich aufs neue, bis nichts mehr hilft. »
i 318. Cahier 90 (64), p. 10 b : « Ein sehr bescheidener Mann, leider aber sehr schwächlicher Constitution, hektisch, sagt man.
« Ja, ganz recht, eine Constitution à l'Autriche, « Hilf Himmel, wenn uns die Polizey einmal etfasst. »
319. Cahier 91 (09), p. 8 b : « Das wird so lange bleiben, bis ein vernünftiger aufgeklärter
Mensch, ein Zweiter Zweiter (sic) Friedrich auf die Welt kommt. jedes vernünftige Buch ist ja verboten. »
que le poète à la censure, « qui travaille pour l’obscurantisme et pour l’avènement de la sottise ea de
Un peu plus tard, en janvier 1826, Holz fait encore allusion à l'abondance de l’espionnage policier et aux frais énormes qu’il entraîne, puis répète le reproche de sottise qu’il a déjà adressé au régime (°°?!)
On pourrait multiplier les citations. Holz trouve heureux les gens qui, n'ayant jamais quitté l’Autriche, ignorent la prospérité des autres pays (**). Il vitupère la religion imposée, qui n'engendre qu'hypocrisie, et plaint les savants autrichiens qui ne peuvent élever la voix, même en faisant imprimer leurs écrits à l'étranger, car il faut pour cela une autorisation de la censure (***). Il signale que divers journaux sont interdits en Autriche, s’étonne qu’on n’ait pas encore institué une censure pour pratiquer des coupures dans les œuvres musicales et dit avec quelle légèreté travaillent, prétend-on, les jeunes attachés au service de la censure (***). Karl s’indigne de la façon dont la censure abîme les œuvres de Grillparzer (***). Holz se plaint des impôts trop nombreux et trop lourds (***). Schindler se demande quelle sorte d'œuvres musicales la censure pourrait bien interdire (**’). Holz enfin raconte l’anecdote de ce frère rédemptoriste à qui un gamin demandait pourquoi il portait un si grand chapeau et qui répondit : « Il s’élargira encore et couvrira toute la terre. » À quoi le gamin répliqua : « Alors il fera bien sombrets:(77):
Si aucune de ces citations n’est, en soi, absolument décisive, leur ensemble n’en révèle. pas moins la tendance générale des conversations politiques de Beethoven avec ses familiers. On y reprochait à l’Etat autrichien son autoritarisme mesquin et tatillon, les excès de sa censure, la contrainte qu’il imposait aux citoyens en matière religieuse et la toute-puissance de la police qui avait entraîné, en fait, un insupportable régime de délation.
320. Cahier 94 (98), p. 21 b : « Die Dichter sind schlimmet daran als die Tonsetzer, bey der Censur, die auf den Obscurantismus, Kinführung der Dummheit hinarbeitet. »
321. Cahier 99 (37), p. 38 a : « Die Polizey kostet hier das meiste; es gibt keinen Tisch in dem schlechtesten Bierhaus, wo nicht ein verkappter Spürhund sässe,
« Der Dumme gilt in unseren Zeiten jetzt am meisten.
« Obscurantismus ist das grosse System auf dem Bundestage. »