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Léonore dégagent l’oriñice de la citerne, la déclamation syllabique qui caractérise le morceau est interrompue par une grande phrase mélodique sur laquelle Léonore, prise de pitié pour le prisonnier en qui elle n’a pas encore reconnu Florestan, s’écrie : « Qui que tu sois, je veux te sauver. Par Dieu! tu ne seras pas une victime. Pour sûr, je détacherai tes chaînes, pauvre homme, je te délivrerai. » Sur le mot befrein, une vocalise jubilatoire exprime évidemment l’enthousiasme de Léonore, générateur d’héroisme, et son désir de liberté (!°).
Dans le quatuor n° 14, au moment où Pizarro lève son poignard pour frapper Florestan, Léonore s’interpose brusquement. La musique agitée et parcourue de trémolos passe du ton de si majeur à celui de la dièze mineur pour moduler vers mi bémol majeur, exprimant ainsi l'émotion intense de Léonore qui s’écrie à découvert : « Tue d’abord sa femme! », sur quoi l'orchestre module brusquement au ton de la bémol par un simple accord de septième dominante ("*). D’autres modulations soulignent l’agitation de la scène, dominée par l’exaltation héroïque de Léonore, jusqu’à ce que retentisse le double appel de trompette qui annonce l’arrivée du ministre et rend probable la délivrance. La fin du quatuor est surtout un ensemble vocal traditionnel d’opéra, cependant les parties aiguës de Léonore et de Florestan y dominent les voix graves de Pizarro et de Rocco et expriment par une déclamation saccadée l’émotion de la liberté proche. Le duo qui suit (n° 15) exprime le ravissement de Léonore et de Florestan qui se retrouvent dans les bras l’un de l’autre et voient venir la fin de leurs épreuves.
Les vastes proportions du final n° 16 indiquent à elles seules l'importance que Beethoven à accordée à l’expression de l’idée de liberté. Ce final est surtout consacré à chanter la joie des prisonniers injustement détenus qui voient luire l’heure de la justice. Il est en ut majeur, tonalité que Beethoven semble bien avoir considérée comme ayant un caractère à la fois joyeux et solennel (1°). Le premier chœur est construit sur un rythme syncopé persistant qui produit une impression de hâte Joyeuse. Un rythme analogue, mais plus haché, souligne, dans l’épisode qui suit (un poco maestoso) les paroles du ministre don Fernando, qui se présente comme envoyé par le bon roi pour punir le crime : « Ne restez pas plus longtemps à genoux comme des