Lebensansichten des Katers Murr. HWM, IX-X
NONSE À Ré
même lettre, Kreisler décrit la danse fantasmagorique à laquelle se livrent parfois ses propres notes, devenues vivantes, et à laquelle mettent fin des tierces, « dans lesquelles se perdent toutes les septièmes » (°1).
Hoffmann a aussi reconnu nettement l’emploi expressif qu'un musicien peut faire des timbres des divers instruments et de leurs combinaisons. Dans sa critique de l'ouverture de La Chasse du jeune Henri, de Méhul, il proclame que la puissance évocatrice d’une composition musicale repose à la fois sur la mélodie, la structure harmonique et le choix des instruments. Il s'élève ensuite contre l’imitation directe des bruits de la nature par la musique et signale dans l’ouverture de Méhul le caractère de certaines mélodies et l’emploi de certains instruments qui « rappellent la solitude, la vie champêtre », ou « vous transportent immédiatement dans la forêt (°?).
Naturellement, dans la première chanson de Claire, dans Egmont, il remarque l'accompagnement pittoresque, où l'emploi de divers instruments évoque des images militaires et qui emporte l’auditeur hors de l’atmosphère paisible de la chambre de Claire, « en pleine campagne » (‘).
Dans le début de l’ouverture de Coriolan, il signale l'effet produit par les tenues du quatuor seul, -alternaat avec des accords brutaux de tout l’orchestre. Il] trouve cette tenue des instruments à cordes, à l’unisson ff, « morne et violente », l’accord de tout l’orchestre « dur » (°*). Un peu plus loin, il parle aussi du sol grave « morne » des cors et de l’ut, également « morne », tenu par les hautbois, clarinettes, bassons et trompettes (°°). Examinant les dernières mesures de l’ouverture, il en trouve les sonorités « mornes », grâce au « son lugubre du basson » et à la « plainte des violoncelles ». L'instrumentation en est calculée de façon à produire « l’impression la plus tragique » et à plonger l'auditeur dans l'attente de ce que la scène va montrer (°°).
Hoffmann indique ensuite l'intérêt de l’instrumentation de l'ouverture. Il signale que les cors en mi bémol et les trompettes en ut y forment souvent des accords parfaits « dont l’impression est profonde et provoque le frisson ». I1 relève leffet que doit produire le son « perçant et original » du violoncelle, qui ne se contente pas de doubler la contrebasse, mais fait ressortir sa partie (17).