Ibid
SAONE
Ce ne sont que des remarques détachées, et Hoffmann n’a essayé nulle part de systématiser ses idées sur le pouvoir expressif des timbres. Quelques-unes de ces remarques sont vagues. I1 en est cependant de précises, comme celle qui attribue le pouvoir d'évocation silvestre du cor à sa sonorité pure, plutôt qu’au fait que le cor est l’instrument des chasseurs. |
L'opinion la plus nette que Hoffmann ait formulée au sujet d’un rythme se trouve dans le compte-rendu des deux Trios de Beethoven, où il constate que le rythme à 6/8 a un caractère « sautillant et folâtre » (%*). Cependant, on peut glaner, de-c1 de-là, quelques indications sur son appréciation des divers rythmes. À
Étudiant la façon dont Beethoven amène la coda du premier allegro de la Cinquième Symphonie, Hoffmann remarque que le rythme se serre et se précipite. Les violons et les instruments à vent répètent alternativement le thème à intervalles de plus en plus rapprochés, produisant l'impression d’une « poussée » et d’un « élan », d’un torrent qui grossit et dont les flots s’enflent de plus en plus jusqu’à la réapparition du début de l’allegro (°°).
Hoffmann a d’ailleurs constaté ce rythme impétueux, l’élan irrésistible de l’allegro final dans la plupart des œuvres de Beethoven. De même que chaque allegro tend généralement vers sa conclusion au moyen d’un rythme dont la puissance va croissant, le mouvement terminal de chaque œuvre est, en général, débordant d’énergie rythmique. C’est par cette prépondérance de l’élément rythmique que les phrases du début du final de la Cinquième Symphonie sont « moins mélodieuses qu'énergiques et propres à des imitations contrapuntiques ». Un peu plus loin, il signale un thème nouveau où des combinaisons de noires et de triolets produisent un rythme différent du précédent, et qui de nouveau exprime « une poussée et un élan » (”°)
Il relève que la péroraison est un presto introduit par un più stretto, et que l’arrivée de la conclusion attendue est « retardée par mainte figure magnifique et jubilante » (1).
I1 constate le même caractère dans les derniers mouvements des deux Trios qu’il a analysés. A propos de celui du premier Trio, il déclare que le style beethovenien se manifeste surtout dans les mouvements terminaux, par « une poussée et un élan toujours plus accentués » (*). Le final du deuxième a le même caractère et constitue « un libre jeu de l’imagination la plus exaltée » (").