‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 4 sur 356 · À. SCHMITZ, Das romantische Beethovenbild · texte numérisé non relu

À. SCHMITZ, Das romantische Beethovenbild

tique pour qui la religion et le sentiment esthétique se confondent (*).

L'évolution de la conception romantique de Beethoven aboutit, en 1870, au Beethoven de Richard Wagner. Chez Wagner, on retrouve diverses influences : celle des poètes et des penseurs romantiques, celle du Sturm und Drang que les romantiques lui ont transmise, celle de Weber, celle de Beethoven. Wagner concevra naturellement Beethoven comme un musicien expressif, mais sa conception va élargir et dépasser celle de Hoffmann et de Bettina : le Beethoven de Wagner sera un musicien-philosophe et un réformateur.

Wagner avait déjà consacré d'autres écrits à Beethoven. En 1840, à Paris, il avait écrit pour la Gazette musicale de Schlesinger Un pèlerinage chez Beethoven, où il faisait réclamer par Beethoven la création d’un drame musical complètement différent de l'opéra et dont l'élément essentiel serait une musique vocale, c'est-à-dire qui utiliserait les voix humaines comme la musique instrumentale utilise les timbres des instruments (°). Dans un autre article écrit à Paris, intitulé Une heureuse soirée, 1l affirmait que Beethoven avait

« toujours conçu et disposé d’abord le plan d’une symphonie d’après une certaine idée philosophique avant d'abandonner à son imagination le soin d'inventer les thèmes musicaux » (*).

Le Beethoven de 1870 reprend quelques-unes des idées exprimées dans les articles que Wagner lui avait déjà précédemment consacrés. Mais la question principale que se pose Wagner dans cette brochure est surtout de savoir comment concevoir Beethoven en tant que musicien allemand.

4. L. NOHL, Beethovens Leben (2° éd.), II, 126 : « Um nun dieses Aufeinanderplatzen der beiden grossen Männer, das, wenn es auch im Detail etwas ausgeschmückt sein mag, jedenfalls der Hauptsache nach in der hier erzählten Weise stattgefunden hat, zunächst nur begreiflich zu finden, muss man sich die besonderen Umstände dieser Begegnung, vor allem auch die Verschiedenheit der Individualitäten beider Männer vergegenwärtigen.… »

Tbid., IIL/1,12 (à propos de la Messe en ré) : « Der Gegenstand hat ihn, je mehr er sich hinein vertieft, auch immer tiefer erfasst, aber weïl er ihn nicht vôllig nach seiner Natur und seinem Bestande zu ergreifen vermag, ungleich mehr ästhetisch und sozusagen dramatisch als sachlich interessiert und beschäftigt. Es ist daher begreiflich, dass das Werk sich auch ungleich mehr den Anteil der künstlerischen Fachgenossen als der Kirche und überhaupt der religiôsen Empfindung gewonnen hat. Ist es doch gewissermassen eine andere Symphonie Beethovens.…., sozusagen eine mächtige Chorphantasie über den Messetext ! »

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