‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 44 sur 356 · Tbid · texte numérisé non relu

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jugé le livret que lui proposait Fouqué tout à fait réussi et répondant exactement à la définition qu’il donnait du bon poème d’opéra romantique (°°).

Les idées de Hoffmann sur l’art en général, et plus spécialement sur la musique, sont reconnaissables au premier examen comme spécifiquement romantiques. Le rôle du sentiment dans l'activité artistique peut être rapproché de la Kunstandacht de Wackenroder. De Schelling il avait lu tout au moins l’Ame de l'Univers (°°). Mais c’est surtout de Novalis que ses théories sont voisines. Si l’un de ses contes fait une allusion précise aux Fragments de Novalis, que Fr. Schlegel et Tieck avaient publiés en 1802 (*°°), divers rapprochements montrent en outre, entre certains passages de Hoffmann et certains Fragments de Novalis, un accord dans les idées, et parfois même une complète identité d’expression. Pour Novalis comme pour Hoffmann, c’est par le sentiment seul que nous pouvons pénétrer la nature. Henn d’Ofterdingen devait le montrer, et montrer aussi que ce sont les âmes simples et naïves qui sont les plus aptes à partager sa vie profonde. Les Fragments expriment aussi cette idée et rangent le poète parmi les âmes naïves (°°°).

Ce n’est toutefois pas du musicien, mais du peintre que Novalis dit : « Son tableau n’est que son chiffre, son expression, son instrument de reproduction » (!°*). Quant au musicien, il est à la fois actif, par l’impression que son œuvre produit sur ses auditeurs, et réceptif, car il vibre à l’unisson des harmonies de la nature (°°°).

Hoffmann, dans le Brevet de Johannes Kreisler (°°*), a exprimé des idées semblables.

Les rapports musicaux sont pour Novalis les rapports fondamentaux de la Nature (/*). La musique est la limite vers laquelle tend la poésie, lorsqu'elle cherche à se délivrer de la servitude du langage. Dans un fragment célèbre, Novalis envisage la possibilité de poèmes dont la loi serait l’euphonie, et où la signification et la cohérence seraient considérées comme négligeables. Le sens de cette « poésie véritable » est allégorique, elle

98. À Fouqué, 15 août 1812, dans H. v. MÜLLER, £. T. A. Hofimann im persënlich und briejlichen Verkehr, IX |x, 88. A Hitzig, 30 nov. 1872, tbid., 7 er t

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