‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 45 sur 356 · MAD · texte numérisé non relu

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ne peut produire qu’un « effet indirect, comme la musique » (!°°). Par « effet » il faut évidemment entendre l’impression produite sur la conscience claire ou l’intelligence, à laquelle ne peut s’adresser directement le langage musical pur, dépourvu de concepts.

La musique exprime donc la poésie à l’état pur, et est en cela comparable aux mathématiques ou à l’algèbre, qui, elles aussi, expriment les rapports des choses et la vie de la Nature sous leur forme la plus transcendante (°°°).

Novalis ne voit pas, lui non plus, de cloisons étanches entre les divers arts ou entre leurs manifestations. Il voudrait les associer et déclare qu’on ne devrait jamais « voir les œuvres d’art plastique sans musique », ni « entendre les œuvres d’art musicales que dans des salles ornées d’une belle décoration » (!°*). Il voit même les arts unis en un art total et synthétique (°°). Pour justifier sa conception, il cherche entre les divers arts des éléments communs. Il est disposé à considérer la poésie comme « l’art intermédiaire entre les arts plastiques et les arts sonores » et se demande si le rythme ne correspondrait pas à la « figure » (c’est-à-dire au contour, au dessin) et le son à la couleur (1°).

Cette dernière opinion est à rapprocher de l’extrait des Kreisleriana où Hoffmann compare les règles du contrepoint à celles du dessin, et l’art de l'instrumentatiofñ à celui du coloris (11).

Il serait facile de relever des correspondances entre les idées de Hoffmann et celles d’écrivains romantiques avec qui il fut en relations ou qu’il admira. Chamisso, par exemple, qui fut un de ses amis berlinois, a conçu le rôle du poète à peu près comme Hoffmann concevait celui du musicien : une intuition ingénue lui rend accessible la vie profonde de la nature. Nous avons vu

106. « Es lassen sich Erzählungen ohne Zusammenhang, jedoch mit Assoziation, wie Träume, denken; Gedichte, die bloss wohlklingend und voll schôner Worte sind, aber auch ohne allen Sinn und Zusammenhang, hôchstens einige Strophen verständlich, wie Bruchstücke aus den verschiedenartigsten Dingen. Diese wahre Poesie kann hôchstens einen allegorischen Sinn im Grossen und eine indirekte Wirkung, wie Musik, haben. Darum ist die Natur so rein poetisch wie die Stube eines Zauberers, eines Physikers, eine Kinderstube, eine Polter-Vorrats-Kammer » (2bid., III, 37).

107. « Echte Mathematik ist das eigentliche Klement des Magiers. In der Musik erscheint sie formlich als Offenbarung,als schaffender Idealismus. Hier legitimiert sie sich als himmlische Gesandtin ‘xat 4v)pwrov”, Aller Genuss ist musikalisch, mithin mathematisch » (1bid., III, 133).

« Die Musik hat viel Âhnlichkeit mit der Algebra » (ibid., III, 259).

108. « Man sollte plastische Kunstwerke nie.ohne Musik sehen, musikalische Kunstwerke hingegen nur in schôn dekorierten Sälen hôren » (2hid., III, 4).

109. « Plastik, Musik und Poesie verhalten sich wie Epos, I,yra und Drama. Es sind unzertrennliche Elemente, die in jedem freien Kunstwesen zusammen und nur nach Beschaffenheit in verschiedenen Verhältnissen geeinigt sind » (2bid., III, 32).

110. « Die Poesie im strengeren Sinne scheint fast die Mittelkunst zwischen den bildenden und tônenden Künsten zu sein. Sollte der Takt der Figur und der Ton der Farbe entsprechen? » ({bid., III, 57). :

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