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quelle admiration Hoffmann eut pour ‘Tieck et pour Fouqué. Fouqué tira pour lui un livret de son conte d’Undine; par contre, Hoffmann a emprunté à Fouqué le personnage du baron Wallborn, correspondant de Kreisler, avec qui, même, Kreisler cherche à s'identifier (*!*). De même Schubert, l’auteur des Côtés nocturnes des sciences naturelles, a eu sur Hoffmann une influence certaine : on peut relever, dans les récits de Hoffmann, plusieurs emprunts aux écrits de Schubert, qui lui fournit, en outre, le sujet des Mines de Falun.
Si l’on veut rechercher en revanche ce que d’autres romantiques ont pu devoir à Hoffmann, on trouvera l’application de plusieurs de ses idées dans les œuvres musicales ou théoriques de Richard Wagner. Wagner a cherché à réaliser cette synthèse des arts souhaitée par Hoffmann après Novalis. Réalisant le vœu de Jean-Paul, il a écrit lui-même les poèmes de ses drames musicaux. Ses Maîtres-Chanteurs illustrent trop bien la théorie de l’opera buffa esquissée par Hoffmann dans le Poète et le Compositeur pour que cette rencontre soit le fait d’un pur hasard (°*). Au temps de sa jeunesse, Wagner a dû à Hoffmann une tendance à la rêverie fantasmagorique qui lui faisait voir dans les sons et les accords des êtres doués d’une vie bizarre (*). Enfin, le rôle de la musique dans le drame wagnérien est en grande partie conforme à celui que lui assignait Hoffmann : révélatrice de la psychologie profonde des personnages, la musique exprime en outre ce que Wagner appelait « le purement humain », c'est-à-dire la. valeur éternelle des sentiments et de leurs conflits, et pour ainsi dire leur état théorique et transcendant. Klle manifeste en outre la vie réelle de la Nature, l’âme des eaux, des forêts, de la tempête et de l’orage, cette vie universelle à laquelle participent les être simples et purs, par la vertu de leur sentiment et non de leur raison.
Ces indications, si elles n’épuisent pas la définition du romantisme de Hoffmann, suffisent néanmoins à montrer qu’il a incontestablement sa place dans le mouvement romantique allemand. Il l’a si bien qu’on peut retrouver la première esquisse de quelques-unes de ses idées dans ce pré-romantisme que fut le Sturm und Drang. La caractéristique des accords et des tonalités qu’il met dans la bouche de Kreisler (***) correspond en grande partie à la caractéristique des diverses tonalités établie par Schubart (1!°).