‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 53 sur 356 · AU LEE · texte numérisé non relu

AU LEE

Il est manifeste que Bettina a beaucoup aimé la musique. Elle écrivait d’ailleurs à Arnim, au début de 1808 : « La musique m'est chère, elle m’est plus précieuse que la vie (**). » Mais elle ne s’est pas contentée d’avoir du plaisir à l’entendre, ni même d'en exécuter. Elle s’est essayée à la composition.

Fut-elle réellement engagée par son frère Clemens à composer? Certaines phrases qu’elle lui attribue pourraient le faire supposer (!*). Pour le satisfaire sans doute, elle lui annonce qu’elle a mis en musique une de ses poésies (°°°). Mais elle paraît surtout avoir tenu à se poser en improvisatrice, chez qui une poésie, une émotion ou un spectacle de la nature faisait jaillir spontanément soit une mélodie, soit un air de guitare (**’). Une lettre authentique à Gœthe fournit d’ailleurs une indication analogue (!*?). Certaines parties de l’étude de l’harmonie semblent lui avoir été un peu pénibles (*)); son professeur Hoffmann lui-même se serait résigné à utiliser dans ses propres œuvres les trouvailles mélodiques de Bettina, auxquelles elle ne pouvait encore donner le vêtement harmonique et le développement qui leur auraient convenu (°*). Un autre de ses professeurs, Koch, l’a « crucifiée » par sa façon de lui enseigner l’harmonie. Il faisait, dit-elle, tellement de corrections à ses phrases musicales que rien n’y restait à sa place primitive et qu'après les avoir dépouillées de tous leurs agréments il leur accrochait encore « des manchettes de sa propre garde-robe » (7°).

Elle dit avoir mis en musique des hymnes à Diane et des péans à Dionysos, traduits par Stolberg (***), une poésie de Hôlderlin (7), une de Caroline Günderode (), une de Philippe Nathusius (°°), à laquelle elle avait même fait subir des modifications à cet effet. La lettre citée, de février 1808, à Arnim, indique que Bettina a déjà mis en musique plusieurs fragments de Faust et un lied de Mignon (°°). Deux ans après, elle écrit de Landshut, toujours à Arnim, qu’elle a mis en musique le Roi de Thulé et qu’elle va entreprendre d'écrire une ouverture pour Faust, qu’elle veut faire exécuter « sous le nom de quelque compositeur célèbre » (1). De toutes ces compositions, rien ne nous est

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