‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 54 sur 356 · Ilius Pampbhilus (Bett., V, 102 et suiv · texte numérisé non relu

Ilius Pampbhilus (Bett., V, 102 et suiv

160. BERGEMANN, ouv. cité, 52 Cf. Bett., VII, 340. 161. BERGEMANN, ouv. cité, 89 et suiv.

parvenu, à part peut-être un fragment de Faust, et on peut se demander si elles ont bien été écrites.

Quelques mélodies de Bettina ont cependant vu le jour, notamment dans un cahier dédié à Spontini, qu’elle fit éditer en 1843. Dans l'édition des Œuvres complètes de Bettina par Oehlke, Max Friedländer a publié les plus intéressantes (°°).

Ce choix renferme dix pièces pour une ou deux voix, avec accompagnement de piano. Les quatre premières sont extraites du recueil dédié à Spontini; trois d’entre elles sont composées sur des paroles d’auteurs inconnus : Mondenschein schläfert ein, Ein Stern der Lieb’ am Himmelslauf, et le duo Vom Nachen getragen; une est composée sur des paroles extraites de Faust : O schaudre nicht, lass diesen Blick, lass diesen Händedruck dir sagen. Puis viennent le chant de l’écolier, composé par Bettina pour être intercalé dans la nouvelle d’Arnim, Isabelle d'Egypte, et la romance de la Comtesse Dolorès, d’'Arnim également. Les quatre autres pièces ont été conservées par le violoniste Joachim. Ce sont : la Vision de saint Jean de la Croix (poète inconnu), un poème de Hafñfz, traduit par G. Fr. Daumer, le Chant nocturne du Voyageur, de Gœthe, et Suleika, sur des vers du Divan idont l'auteur est Marianne de Willemer.

Ces mélodies sont généralement mal écrites pour la voix. L'édition Friedländer a dû en transposer un certain nombre pour les rendre exécutables. T1 a fallu modifier certaines parties, dont la gaucherie était vraiment excessive. Seul l’accompagnement de la première mélodie citée est celui de Bettina, reproduit à titre d'exemple; celui de toutes les autres mélodies a dû être entièrement refait. La mélodie est généralement comprise dans l’intervalle d’une octave. Les gaucheries y abondent, l’invention en est souvent plate ou même niaise. Peu de modulations. La prosodie n’est pas respectée. Cependant, dans le duo Vom Nachen getragen (n° 4), on remarque, à partir de la neuvième mesure, une timide tentative de fugato; il faut signaler aussi que la pièce écrite dans le ton de la bémol, module en fa mineur, en sol bémol majeur et en si bémol mineur. Le lied de Hafñz (n° 8), un peu monotone, ne manque pourtant pas de grâce. La mélodie inspirée à Bettina par le Chant nocturne du Voyageur (n° 9) a plus d’élan {elle s’étend sur une octave et demie) et d’expression. Suleika enfin (n° 10) s’étend également sur une octave et demie; la mélodie en est réussie et agréablement expressive; on peut y relever une réminiscence du cycle de Beethoven À la Bien-aimée absente (*).

L'impression générale qui se dégage des œuvres musicales de Bettina est que ce sont simplement des œuvres d’amateur. Gau-

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