OBS
de la comprendre : « La musique est à proprement parler ce qu commence là où l'intelligence ne suffit plus (*’”). »
Dans le Livre de l'Amour, qui constitue la troisième partie de la Correspondance de Gœthe avec une enfant, on trouve des pensées ou aphorismes, dont quelques-uns viennent répéter et confirmer la conception que Bettina a eue du rôle de l’art et particulièrement de la musique (?*).
[1 semble bien que Bettina n'ait pas entièrement exclu l’intelligence du monde de l’art en général, et de la musique en particulier. Seulement, l'exercice de l’intelligence lui paraît réservé aux « maîtres ». La musique s'adresse aux sens de tout un chacun et les spiritualise. Le « maître », qui a compris les règles de ce jeu entre l'esprit et les sens, les domine, acquiert par là un pouvoir magique sur la nature, peut, par son intelligence, agir à son tour sur la nature, sur l'esprit, par l’intermédiaire de la musique. Dans cette activité supérieure, sentiment et intelligence ont leur part. L'intelligence du mage plane audessus du sentiment et le commande.
Ce pouvoir magique est pourtant aussi du domaine du sentiment, car une condition indispensable à son exercice est l’amour. Un passage de la Correspondance de Gæœthe avec une enfant le dit, mais le curieux mysticisme dont il est imprégné en rend l’expression ambiguë. Bettina s’adresse-t-elle à Gœthe ou à Dieu? Est-ce Gœæthe, est-ce Dieu que révèle cette magie de l’amour? Les deux sans doute, et Gœthe est ici divinisé (?**). Pour Bet-
207. « Die Verwirrung, die das Magische in jeder Kunst bei den Philistern veranlasst, ist bei der Musik auf den hôchsten Grad gestiegen; Zelter zum Beispiel lässt nichts die Maut passieren, was er nicht schon versteht und eigentlich ist das doch Musik was grade da beginnt, wo der Verstand nicht mehr ausreicht... » (1bid., 525).