‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 69 sur 356 · Ibid, col · texte numérisé non relu

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Su. *° PERS

jugement de la raison, moins de valeur qu’à l’un quelconque des

autres arts (°). Michaelis suit également Kant en indiquant le caractère composite du drame, du chant et de la danse (°). Il s'en écarte lorsqu'il déclare la musique apte à exprimer des idées esthétiques, notamment le beau et le sublime.

Michaelis avait d’ailleurs étudié de près l’esthétique de Kant. L'identité de la terminologie qu’il emploie avec celle de Kant suffirait, à défaut de ressemblances de fond, à le montrer. Une preuve de plus est fournie par le compte-rendu d’un ouvrage de Michaelis, dont la deuxième partie venait de paraître : Sur l'esprit de la musique, en considération de la Critique du jugement esthétique de Kant. L'auteur de ce compte rendu, publié dans la revue le 25 février 1807 (!°), constate que les idées essentielles de Michaelis sont celles de Kant et que la place qu’il assigne à la musique est exactement celle que Kant lui donne. Mais il constate aussi qu’il s'éloigne de Kant lorsqu'il considère la musique comme capable de représenter des idées théoriques au moyen de combinaisons sonores. Il estime que Michaelis a eu l'intuition d’une conception de la musique supérieure à celle de Kant. C’est évidemment la valeur expressive que Michaelis accorde à la musique qui motive ce jugement favorable.

Un article anonyme paru le 5 novembre 1801 pose la question : Est-ce le but principal de la musique de-servir à notre délassement (!) ?

L'auteur ne partage pas la conception de Kant au sujet de la musique. Si elle n’est qu’un jeu de sensations, elle ne satisfera qu’un besoin de nos sens. Si elle est expression d’autre chose, elle satisfera en nous un besoin spécifiquement humain. Et il demande :

« Est-ce donc la destination de la musique de satisfaire le premier ou le second de ces besoins? Ou, si nous posons la question dans d’autres termes, la musique existe-t-elle pour l’animalité ou pour l'humanité? (12) »

On devine la réponse : la seule vraie musique est la musique expressive, celle qui s adresse à notre âme et non à nos sens. Les idées émises ici sont, sur ce point, aussi éloignées de celles de Kant que celles de Michaelis. L'opposition est même mar-

8. KAnNTs. Werke, hrg. von der kgl. preuss. Akademie der Wissenschaften, Bd V, Kritik der Urtetlskraft, $ 53, pp. 326 et suiv.

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