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Certains grands musiciens du passé n’ont pas évité cet écueil, par exemple J. S. Bach. Il faut donc
« que le sérieux allemand continue à être le signe national de nos compositeurs, sans pompe savante, mais uni à la grâce italienne » (1*).
Il faut surtout retenir de cet article l'idée que Haydn, Mozart et leurs successeurs sont des musiciens expressifs et qu’ils doivent cette faculté de s'exprimer dans leurs œuvres à l’influence italienne, la musique purement allemande étant par tendance naturelle beaucoup trop abstraite.
Cette opinion n’était d’ailleurs pas universellement admise. Le 5 juin paraissait dans la Gazette, sous la signature de E. L. Gerber, un complément aux Pensées de Hohnbaum (°°). L'auteur estime que l’époque actuelle est livrée au désordre. Les œuvres musicales récentes procèdent d’un esprit effréné et sauvage dont les responsables sont le grand Mozart et ses imitateurs. L’article de Hohnbaum vient renforcer des craintes que Gerber a déjà exprimées, il y a plusieurs années, dans l’article qu'il a consacré à Mozart dans le Neues Lexikon der Tonkünstler. Selon Gerber, Mozart est venu trop tôt et a disparu trop tôt. Il a fait oublier les mérites éminents de maîtres comme Hasse, Graun, Benda, Hiller, Schulz et autres, chez qui le souci de raison et d’équilibre contrôlait toujours tout et qui se contentaient d’avoir à leur disposition peu de moyens expressifs. Le génie de Mozart l'a éloigné de cette sobriété. Il y a dans ses œuvres une richesse d’invention, une abondance et une force d'exposition que peu de gens ont pu analyser comme il le faudrait;, la plupart n’ont pu que la sentir. Or le seul sentiment est un guide incertain. La conséquence a été, pour les épigones, le désordre le plus effréné.
Le jugement porté ici sur l’évolution de la musique allemande diffère de celui de Hohnbaum. Gerber parle comme un survivant de l’époque rationaliste. Mais les constatations matérielles qu’ils font tous deux sont identiques : par Mozart la musique allemande est devenue expressive. Tout en discutant les idées émises par Hohnbaum, Gerber est d'accord avec lui sur la réalité même des faits à interpréter.
Dans le numéro du 5 mai 1807, un correspondant de Brunswick, G.L. P. Sievers, essaie d'établir une Caractéristique de