Ibid
lui paraît exprimer l'agitation et le désarroi du peuple que vont montrer les premières scènes de l’acte suivant.
Le deuxième entr’acte, qui succède à la scène entre Egmont et Orange, a pour double objet de dépeindre « la grande âme d'Egmont, qui méprise toute mesquine défiance », et de servir d'introduction au troisième acte, « qui commence aussi: par des négociations politiques » (*°).
Pour la chanson de Claire, Freudvoll und leidvoll, Hoffmann se borne à dire qu’elle mérite la même critique que la chanson du premier acte, et ajoute encore qu’il en trouve la mélodie trop proche du genre opéra; il avoue préférer la composition qu’en a faite Reichardt.
Puis vient le troisième entr’acte, après l’exclamation de Claire : « Eh bien, laisse-moi mourir : le monde n’a plus de joie après celle-ci! » Hoffmann y voit l’habile transposition musicale de l'exaltation de Claire. La marche qui suit convient à l’entrée des mercenaires du duc d’Albe, joyeux à la perspective du pillage et du meurtre. Elle s'éteint à l’orchestre, rideau levé, et se lie à la suite de l’action, qui montrera la situation angoissante des bourgeois (*’).
Le quatrième entr’acte commence par trois mesures d’introduction où Hoffmann entend l’écho des paroles d’'Egmont « C'était donc là ton intention? C’est pour cela que tu m’as convoqué? Suis-je donc sans armes? » Il voit, dans le larghetto, l’annonce de la perte du héros, et pense que l’allegro agitato qui suit se rapporte à la situation de Claire et aux premières scènes du dernier acte. Il reproduit la conclusion « dont la simplicité émeut le cœur et l’âme » (*).
La musique qui accompagne la mort de Claire exprime, dit Hoffmann, « la plainte la plus touchante ». Il explique comment les divers instruments entrent les uns après les autres, puis comment la pièce finit en douceur, et ajoute que Beethoven a réalisé parfaitement « les intentions du poète, qui ici a exigé expressément la collaboration de la musique » ().
Hoffmann approuve Beethoven d’avoir, dans la dernière scène, traité en mélodrame les répliques d’ Egmont, et de ne pas avoir fait ressortir les phrases musicales qui interrompent les paroles d’Egmont, mais au contraire de les avoir soumises au texte, en renonçant d’ailleurs à toute peinture bariolée. Il relève ensuite