‹ Le romantisme des classiquesChapitre 49 sur 63 · II · texte numérisé non relu

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298 LK ROMANTISMS DBS CLASSIQUES

OBSSTE.

• «.0 sœur chérie! dans mon étoanement, mes bras qui te serrent ne peuvent croire à mon bonheur... »

(Vers 755 à 797.)

Âristote, dans le passage de sa Poétique auquel j'ai fait allusion^ dit : « La plus belle de toutes les reconnaissances est celle qui naît des incidents mômes du drame, et qui produit une très grande surprise par des moyens vraisemblables, comme dans l'Œdipe de Sophocle, et dans Yfphigénie d'Euripide. Car il est très vraisemblable qu'(£dipe soit curieux *, et qu'Iphigénie écrive une lettre à Oreste. » Au chapitre xv, où il fait aussi ressortir le mérite de la pièce d'Euripide, il cite la manière dont un autre poète , Polyeidès, traitant le même sujet, amenait la reconnaissance. Au moment de recevoir le coup mortel, Oreste s'écriait : a Ce n'est donc pas assez que ma sœur ait été sacrifiée à Aulis, il faut que je le sois à mon tour ! » A cette parole Iphigénie reconnaissait son frère. Au dixhuitième siècle, Guimond de la Touche s'est souvenu de ce moyen.

On a souvent parlé du pathétique de cette tragédie d'Euripide ; je n'ai pas vu qu'on ait appelé

4. Nous avons seulement remarqué gae cette curiosité a sommeillé pendant longues années. Mais, une fois réveillée, elle ne se rendort plus.

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raltention sur un autre aspect de la même pièce qui fait un singulier contraste avec celui-là. C'est, à savoir, une veine tragi-comiquo de mensonge et de ruse, pour tromper le tyran Thoas, d'une manière un peu enfantine, mais qui devait plaire au peuple grec, comme l'aventure d'Ulysse et du Cydope. Le tyran Thoas est dupé par Iphi génie, pour le bon motif, à peu près comme Polyphème par le rusé fils de Laêrle. De sorte que, après avoir développé la terreur et la pitié, cette pièce finit conune un conte de fée, et fait penser à l'Ogre ridiculement trompé parle petit Poucet.

Il s'agit de faire évader les prisonniers emportant la statue de la Déesse; et même... oh! si la pr6^ tresse pouvait s'évader avec eux ! et retourner à Ârgos i Déjà, à la seule nouvelle qu'Oreste n'était pas mort, Iphigénie s'était écriée avec allégresse : « Envolez-vous, songes, mensonges! vous n'étiex rien. 9 A présent qu'elle a retrouvé ce frère chéri, elle lui dit, d'abord au sujet de la statue à enlever : Hais comment échapper aux yeux de la Déesse, et au tyran, lorsqu'il trouvera le socle de pierre vide de la statue ? Comment me soustraire à la mort? Que pourrai-je dire ? » Puis elle ajoute ; « Ah ! si tu pouvais faire du même coup deux choses, enlever la statue de la Déesse et m'emmener sur ton vaisseau, ce serait un péril qui en vaudrait la peine. Mais, si je reste sans la statue, je périrai, et toi, sauvé, tu auras la joie de revoir ta patrie.

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300 LE ROMANTISME DEà CLASSIQUES

Ne crois pas cependant que je recule môme devant la crainte de la mort pour sauver ta vie,,.

ORESTE

Non, je ne serai point ton meurtrier, comme je fus celui de ma mère. Cest assez de son sang. Je veux que, sauvé ou perdu, moa sort soit pareil au tien. Je te ramènerai dans noire maison, si je ne succombe pas dans mo.1 entreprise ; ou, si je dois mourir, ce sera ici près de toi. Mais écoule ce que je pense : si Tenlèvement de la statue déplaisait à Diane, comment Apollon aurait-il commandé de poKer celle statue dans la ville de Pallas, et m'aurait-il promis la joie de te revoir? En mettant tout cela ensemble, je conçois l'espoir d'un heureux retour. ,

(Vers 993 à 1016.)

Et voici alors le singulier moyen imaginé par Iphigénie pour tromper les gardiens sacrés et le tyran : a Je me servirai de tes fureurs mêmes. . . Je dirai que tu es exilé d'Ârgos parce que tu es le meurtrier de la mère ;... qu'il n'est pas permis de sacrifier à la Déesse une victime impure comme toi souillé par ce crime, et que je t'immolerai quand tu seras purifié.

ORBSTE.

Comment nous sera-t-il plus aisé ainsi d'enlever Ja statue?

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APPENDICE 30i

ÏPHIGÉNIE.

Je dirai que je veux te purlûer dans les eaux de la mer.

ÔRESTE.

La statue, objet de notre voyage, est encore dans le temple.

Îphigémie.

Je dirai qu'il faut puriû -r aussi la statue, souillée par tes mains.

ORESTE

Vers quelle partie du rivage?

IPHIGÉNIE

A Teodroit où ton vaisseau est attaché par les câbles.

ORESTE

Est-ce toi, ou quelque autre qui portera la statue ?

IPHI6ÉMIE.

Moi. J'ai seule le droit d'y porter les mains.

ORESTB.

£t Pylade, ob prendra-t-il rang dans cette entreprise ?

IPHIGÉNIE

On dira qu*ll est atteint de la souillure.

ORESTE

Est-ce à rinsu du Roi, ou à son escient, que tu feras cette tentative?

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302 LE BOMANTISXI DBS CLASSIQUES

IPHIGÉNIS.

J*emploî6raî la persuasion : car ce ne peut être à son insu.

ORESTE

El puis, noQt avons de bons rameurs sur notre navire.

Le reste teregarde, c'est à toi d*y pourvoir. > (Versi03i à iOM.)

Pour lo moment, elle leur conseille à tous deuK d'entrer dans le temple, parce que le Roi va venir s'informer si le sacrifice est accompli. Oreste et Pylade suivent son conseil et quittent la scène.

Ipbigénie invoque le secours de Diane, à qui déjà elle dut son salut, à Aulis. Puis elle entre à son tour dans le temple, pour chercher la statue. Et vous allez voir le singulier rôle que le poète fait jouer au roi Thoas, pour Tunique scène qu'il a dans la pièce. Iphigénie va se moquer de lui, comme le Chai boité se moque de l'Ogre stupidc.

THOAS

0& est la femme grecque, gardienne de ce temple ? A- 1 elle commencé le sacrifice des deux étrangers? Leurs corps brûlent-ils dans le feu du sanctuaire ?

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APPENDICE 30b

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