Voir notamment Acte II, scène vi
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speare , ont peint , l'un Iphigénie au moment où son père va Timmoler en Aulide, l'autre la jeune Imogène à l'instant où un mari qu'elle adore va la faire poignarder dans les montagnes voisines de Mittford. Ces grands poètes ont (dmiié la nature » ; mais l'un voulait plaire à des gentilshommes campagnards, qui avaient encore la franchise rude et sévère, fruit des longues guerres de la Rose rouge et de la Rose blanche; l'autre cherchait les applaudissements de ces courtisans polis qui voulaient plaire au Roi et mériter le suffrage des dames... » Stendhal conclut que ce conseil, Imitez la nature, est vide de sens, et il se demande, d'une manière piquante, jusqu'à quel point il faut, au contraire, refaire et déguiser la nature pour plaire au lecteur et au spectateur. L'art, en effet, est évidemment un choix entre les choses offertes par la nature : d'une part, élimination de tout ce qui ne concourt pas à rendre l'interprétation que l'artiste fait de la nature qu'il imite ; de l'autre, concentration de ce qu'il a choisi, et de ce qu'il y mêle de son propre fonds. Au sujet de cette concentration nécessaire, Stendhal ajoute, afin de rendre son idée sensible : « Si l'on eût sténographié tout ce qui s'est dit en Aulide à l'occasion du meurtre d'Iphigénie, on aurait cinq ou six volumes, môme en se bornant à ce qu'avaient dit les personnages que Racine a choisis. Il a fallu d'abord réduire ces six
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volumes à quatre-vingts pages. Hais il y a plus la plupart des choses dites par Âgamemnon et par Galchas seraient complètement inintelligibles aujourd'hui, ou, si nous les comprenions, nous feraient horreur. L'art n'est donc qu'un beau mensonge... s
C'est pourquoi il s'agit de trouver le degré d'accommodation , de transformation nécessaire : moyenne très difficile, très délicate, qui varie de génération en génération, comme de pays en pays. Il y a, ne l'oublions pas, une sorte de réfraction intellectuelle, morale et poétique, par laquelle les choses s'infléchissent et se colorent diversement en traversant chaque nouveau milieu.
Cette vérité achèvera de paraître en pleine lumière si, après avoir cité quelques mots du Mystère d' Abraham j œuvre anonyme de quelque clerc du moyen âge, et dont la langue a dû être un peu rajeunie postérieurement, je vous lis ensuite la principale scène de la tragédie de Théodore de Bèze sur le même sujet. — Voici d'abord quelques vers du Mystère très naïf ;
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IPH16ÉNI£ 45
ISAAC
Mais yeaillez-moi les yeux cacher, AfiD que le glaive ne yoye :
Quand de moi youdrez approcher Peut-être que je tous fuiroye.
ABRAHAM
Mon ami, si je te lioye?...
ISAAC
Ne serait-il point déshonnéte ? (déshonorant) Hélas 1 lié, comme une bête i. ..
Le père, touché du noble sentiment de son lîls, cousent à ne le point lier ; puis, malgré son émotion, se dispose à accomplir le sacrifice, pour obéir à Tordre de Dieu.
AB&AHAII.
Adieu, mon fils 1
ISAAC
Adieu, mon père I Les yeux bandés, tôt je mourrai :
Plus ne voi la lumière claire!
ABRAHAM
Adieu, mon filsl...
ISAAC
Adieu, mon père!
Recommandez-moi à ma mère, Jamais je ne la reYerrai t