‹ Le Romantisme en ProvenceChapitre 10 sur 37 · LES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

LES ÉTUDIANTS

Le cénacle aixois; le Polonais Gaszynski.

Autour de Victor de Laprade et de Barthélémy Tisseur, un cénacle s'était formé.

En cette aube du romantisme, la province entière vibrait de la passion d'art qui, à Paris, animait toute une jeunesse et la jetait à la conquête du siècle. Quarante-deux ans après Hernani, Th. Gautier, tourné vers ces heures radieuses, écrivait : « Les générations actuelles doivent se figurer difficilement l'effervescence des esprits à cette époque ; il s'opérait un mouvement pareil à celui de la Renaissance. Une sève de vie nouvelle circulait impétueusement. Tout germait, tout bourgeonnait, tout éclatait à la fois. Des parfums vertigineux se dégageaient des fleurs ; l'air grisait, on était fou de lyrisme et d'art. Il semblait qu'on vînt de retrouver le grand secret perdu, et cela était vrai, on avait retrouvé la poésie1. »

Cette histoire du romantisme en province n'a pas encore été écrite; cependant on sait qu'à Lyon, à Toulouse, à Rennes, à Angers, à Rouen, à Dijon, l'esprit nouveau faisait des prosélytes, et de chacune de ces villes d'ardentes recrues venaient prendre leur place dans le bataillon sacré

1 Histoire du Romantisme, p. 2 (édit. de 1874).

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