‹ Le Romantisme en ProvenceChapitre 35 sur 37 · C. L. it · texte numérisé non relu

C. L. it

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tout près, se faisait toute petite ; et le tout était encadré dans un ciel chaud, énergique, étincelant.

Puis d'une commune voix, ils lancèrent le Laudate Dominum, omnes gentes; Laprade récita des vers, et Tisseur jeta une imprécation sur chacun des rois de l'Europe; il maudit:

... Dans leur cour, dans leur antre, Ces rois dont les chevaux ont du sang- jusqu'au ventre!

Du haut de la Sainte-Baume, ces jeunes enthousiastes criaient au monde la devise de Lamennais: Dieu et la liberté !

L'un d'eux, qui venait de lire un article paru récemment dans le Musée des familles, chercha la chapelle magnifique, que l'auteur plaçait sur ce sommet; il ne trouva qu'une petite construction, entièrement dégradée, sans un seul morceau de marbre, une ruine!

Après s'être abandonnés à la sublimité de pensées qu'on peut recueillir sur ces rochers, nos voyageurs quittèrent le Saint-Pilon, et descendirent à la Sainte-Baume. Ils virent la caverne, dont les dominicains avaient fait une chapelle, la rosée humide qui suinte continuellement à travers la voûte de la grotte, et dans la seule partie que l'eau épargne la belle statue de Madeleine : « Oh! Madeleine! s'écria Tisseur, je conçois que les peuples et les rois puissent te bénir ; la douleur va si bien à une femme ; toi qui étais connue comme une pécheresse en tout Israël, tu es devenue pure et chaste, comme ta beauté. — Madeleine, dit un autre, oh! c'est un bien beau symbole, un bien beau type de l'humanité, et que l'amour et le ciel purifient! » Leurs fronts se baissèrent vers ce pavé humide, frappé par tant de fronts royaux! et leurs yeux se portaient vers les noms des illustres personnages venus à ce pèlerinage : Jean Ier, Charles VI, Louis IX, Anne de Bretagne, François Ie1,

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