DIX HEURES DU SOIR
LA TOILETTK FEM1M>E :^ I
Ses manches finissaient par égaler les miennes ; elles me frôlaient la fignre dix l'ois par jonr '. »
Et les jeunes mamans s'empressent de faire porter à leurs fdiettes ce ([u'elles portent elles-mêmes.
« Je suis bien contenic, mon oncle, bien contente.
— Ah? et pourquoi, ma jolie petite nièce, ctes-vous si contente?
— Regardez. (Elle désigne ses épaules.)
— lié bien?
— Hé bien, il \ a un petit ballon là-dessous, de chaque côté...
— Et vous vous en amuserez, quand vous aurez perdu ceux que Je vous ai donnés pour vos étrcnnes-. »
Robe, coiffure, corsage, tout peut donc différer dans une toilette de femme, et souvent tout ditïcre. — tout, sauf les manches. La remarque s'impose, à feuilleter seulement la ] le de rhàfeau. d'Kugvne Lami : et la remar- ([ue est confirmée par les « images » de Lanté et fîàtine, par le Miroir des Dames ou .\oavel alphabet fra lirais, de Cirèvedon, l'œuvre d'il. Monnier et les Croquis parisiens d'Edouard de Beanmont. Dans un de ces croquis, une])etite fille pique des épingles dans la robe maternelle, de toutes parts ridiculement large et gonflée. <( Eh bien 1 qu'est-ce que vous faites donc là, mademoiselle? » demande la maman. — « Mil répond la fillette, c'est que tu ressembles tant comme ça à la grosse pelote (jui est sur la cheminée que j'ai cru qu'il fallait aussi planter sur toi des épingles! »' V ce compte, ce ne sont pas des épingles qu'on aurait pu planter dans de certaines manches à gigot, mais des poignards ou des rapières, — pour