‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 27 sur 95 · I. Journal do 1' « ironiste parisien », juin i · texte numérisé non relu

I. Journal do 1' « ironiste parisien », juin i

cédé Charles Vil chez ses grands vassaux, en revanche le Roi s'amuse n'a été donné qn'unefois, et Tannée même où la Tour de \esle remporte nn éclatant triomplie. la Tour de \esle dont on ne saurait exagérer la profondeur de retentissement. Il est donc vraisemblable qu'Alexandre Dumas a plus encore que Victor Hugo lui-même contribué à la dilTusion du u goût nouveau ».

>on que le •' genre moyen âge » ait attendu jusque-là pour exhiber en public, nous voulons dire dans la rue, ses accoutrements et ses fantaisies. On lit dans le premier volume des \oles et Souverurs d'un Anglais à Paris ^ : (( Etant petit garçon, j'avais été plus d'une fois frappé d'étonnemenl à la vue des jeunes gens paradant dans les rues, en pourpoints, en hauts-de-chausses, la chevelure llottanle ornée de toques de velours et d'ailes d'oiseaux, une courte épée pendue à la ceinture ; nous n'étions pas au carnaval, et personne pourtant ne semblait s'émouvoir ; les Parisiens d'alors s'étaient habitués à ces bizarreries. Des gens compétents mont dit depuis que ces manifestations avaient été inspirées par /« Gaule poétique de M. de Marchangy. les romans de M. d'Arlincourt. et toute la littérature de ce genre qui a caractérisé le commencement de la Restauration ».

Simples caprices de jeunes gens, sans nul doute, mais caprices significatifs. L'amusante mascarade n'a pas dû dépasser un certain cercle, probablement assez restreint : il nous suffit pour l'instant qu'elle ait pu se produire. Après i83o, elle va se renouveler, avec plus de persistance cette fois et sur un plus large théâtre. Sous l'énergique impulsion qu'il reçoit de la production dramatique con-

I. P. II. — L'ouvrage a deux volumes : I. i83.")-i848 ; H, i848- 1871. Il a été traduit par J. tierce et publié en 1893.

LA TOILETTE MASCLLINE ;j.>

lemporaine, le « goût nouveau » pousse vigoureusement ses C()n(|uètes et. avec des insolences de triomphateur, prétend régenter les classes de la société les plus dilîerentes. On lui a opposé d'abord, il est vrai, d'assez vives résistances. Lu njoment la lutte a été ardente entre le })ourgeois glabre, discret, calme et respectueux observateur de l'étiquette et de la tradition, et le romantique barbu, chevelu, tapageur, volontiers débraillé, bousculant les convenances, uniquement préoccupé de produire de l'effet, à quelque piiv et de quelque manière que ce soit, et reculant d'ailleuis si peu devant le scandale qu'il le recherche et le ])rovoque même avec délices. Mais nos révolutionnaires ont pour eux l'audace, et la j)lus irrésistible des forces, la jeunesse : et bientôt, comme le disait un .leune-Francc, dans un langage dont il convienl de respeclei- la hardiesse, « à pleines dents le classique mordit la poussière dans le monde, comme il lavait mordue sur les planches du théâtre' ».

L'ivresse d'une victoire toute réccnle induisait notre ardent jeune homme en des allirmations évidemment excessives. Tous les classiques ne renoncèrent pas à leurs habitudes classiques, pas plus que tous les bourgeois à leurs costumes bourgeois. Il n'en est pas moins vrai que le romantisme apporta des modifications à la toilette masculine et qu'après i83o on ne s'habilla plus tout à fait comme avant-.

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