‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 30 sur 95 · I.A TOII.KTTF MVSCl I.1>E · texte numérisé non relu

I.A TOII.KTTF MVSCl I.1>E

réduire la valeui- du l(''nioignao;e ; mais le k'moignage a toujours sou |)ii\.

Ou c'ouipicnd Miicux uiaiulruaul dos pliiascs couime celles-ci. du .htiu-nul de notre <' tlàiieur parisien o ou de lettres inédites : « Cest toule l'iusloiie de l'iaucc (jui se })roiuèue daus nos lues. » — c On peul à la rigueur se dis[)enser d'allei" daus les musées conlempUa" les ccjstumes de nos ancêtres, on n'a qu'à ouvrir les \eux au théâtre ou dans la rue. » — « Si j'avais un lils. je lui dirais : Mon gardon, veux-tu savoir comment on s'habillait sous les Valois? Ne va pas au collège ; descends dans la rue et regarde. »

Après le théâtre, c'est en elTel la rue qui offre le spectacle le plus instructif et le plus pittoresque, et il n'est pas jusqu'aux eufanls qui ne fassent leur partie dans ce concert dhisloiiques exhibitions. « Ces chères idoles nous formeul, comme aurait dit M. Ballanche. une palingénésie habillée des annales nationales ; et, en rencontrant, aux Tuileries, les cheveuv coupés carrément à la Charles \ l, les pourpoints de velours, les cols de dentelle et les guij)ures, les chapeaux à la cavalière, les manteaux courts, les canons et les souliers à rosettes de Louis XIII et de Louis XIV, on peut faire un cours d'histoire de France, racontée par les tailleurs et les couturières avec une exactitude plus rigoureuse que par Mézeray et par le président Hénault^. »

De ce cours voici un ou deux fragments inédits :

« Que j'aurais voulu, ma chère maman, vous avoir près de nous l'autre semaine ! Vous auriez été ravie de votre petit-fils 1 Armand était joli, mais joli, à croquer! Vous

I. Balzac, le Député (TArcis, dans les Œuvres complètes, XIII, p. 3o't.

pensez bien que je ne parle pas de sa figure : j'aurais trop peur d'être punie du péché d'orgueil. Mais quel ravissant petit page I J*** nous avait dessiné son costume, c'est tout vous dire. Son petit pourpoint bleu avait des crevés roses : sur sa petite toque de velours bordée d'hermine nous avions planté une jolie plume de héron... Et il se cambrait, il se cambrait ! Je vous assure qu'il ne risquait pas de voir la pointe de ses souliers à la poulaine... Il aurait fallu voir aussi comme il tenait fièrement la main à son poignard, car il avait un poignard, un tout mignon petit poignard ; oh ! rassurez-vous, on avait soudé la gaine à la lame... Tout le monde se retournait... J'étais toute fière et par moments un peu honteuse ^.. »

Il ne s'agit dans l'autre fragment que d'un détail de toilette.

« ... Enfin, ma chère, j'ai eu gain de cause, Edouard porte les cheveux à la Charles VI. Cela lui va à ravir, A'Ous n'en doutez pas... Il aurait fait beau voir que mon fils fut le seul à ne pas suivre la mode I... Si Georges avait protesté plus longtemps, je vieillissais encore Edouard et je vous le coiffais à la saint Louis -... »

En attendant de rendre possible à un Michelet la résurrection intégrale du passé national, le romantisme mettait à en ressusciter les modes sinon la plus scrupuleuse, du moins la plus louable diligence. Relisez plutôt, dans les Jeune-France, les pages consacrées à d Elias Wildmanstadius ou l'homme moyen âge ^. »

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