Gustave Colomby, étudiant en médecine, iSSi
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Il n'en faut pas plus à Daniel Jovaid pour <> demander lui-même un cigare et le fumer vertueusement jusqu'au bout ».
Que d'exemples d'ailleurs pour encourager l'aspirant romantique! et quels exemples 1 L'iiomme de toutes les excentricités, n l'incarnation de l'anti-bourgeois », le modèle fièrement avoué des premiers Jeune-France et de Théophile Gautier lui-même, Petrus Borel enfin, a Thabi Inde de fumer, et ce lui est la plus douce des consolations, au milieu des misères de toute sorte qui empoisonnent l'existence. « Heureusement que pour se consoler de tout cela (des gouvernants qui sont de stupides escompteurs, etc.. etc.). il nous reste le tabac de maryland I et du papel espanol por cigaritos ' ! n
On fume donc avec entrain. Dans la plupart des romans de l'époque, — dans les Jeune-France notamment, ainsi qu'il convient, — c'est au cigare et à la cigarette qu'est attribuée la place d'honneur. On les célèbre en vers, on les célèbie eu prose ; on trouve pour eux des variantes au vieux refrain bachique de boire, de boire encore, de boire toujours.
l'u liions donc, fumons donc 1 Brûlons la cigarette. Du cigare aspirons l'haleine parfumée.
L'existence nous fuit : hélas ! rien ne l'arrête. Elle n'est que fumée I
l'umons donc, fumons donc I Enivrons-nous de rêves. Demandons au tabac l'oubli de toute peine ; Comme le cigaret toutes choses sont brèves En l'existence vainc-.
I. Préface des Rapsodies. — On sait que le rêve de Jérôme Paturot, (juand il a résolu de se suicider, est de se réveiller dans un pays où l'on puisse « fumer du tabac des plus .sains ».
■i. Les Miriji<iues Bien/ails du Ciijarrel et du Ciijare. Poëine romanUijue mêlé de vers lyriques (sic), par \LPnoNsr R'**, Jeine-Fr.\^ce. — Le
Ql ELQl ES ÉLÉGANCES UOMWTIOLES I^.'^
La cigarette est désormais <( l'accessoire indispensable de toutes les réunions ». Que ferait-on sans elle!' c Klle est aux mains d'un homme ce qu'est l'éventail aux mains, d'une femme •> : elle fournit des attitudes
Kl donne contenance anx mains embarrassées. lUlc autorise les silences, elle ou le cigare :
« poëme ». inédil. a élé conii)OS('' m i83^. Il a ccnl trenle-linil vers, — et pas mal de plalifndes. On remarcpiera ({ue, dans ces deux strophes, les rimes sont exclusivement féminines, et assez riches d'ailleurs.
Confondvis d'abord dans la même admiration, la cigarette et le cigare eurent plus tard leurs partisans respectifs, et il semble bien ((ue le cigare ait obtenu de plus vives, de plus chaudes sympathies. Pour Baiihélemy. par cxemi)ie, il n'est de fumeur sérieux ([ue le fumeur de cigares ; et c'est par une étrange, une inexplicable aberration, que
i^c peuple qui du froùt a le haut sentiment, Ravalant son orgueil au gf»ùt de la Lorette, A fait un pacte indigne avec la cigarette ; et brûle.
Au liasard d'en être suffoqué, Le p«pf/ espagnol à Paris fabrii[ué...
C'est jouer au cigare et indlcnicnt fumer.
Kt Barlhélemy a eu beau se rétracter et faire amende honorable, dans une note, au goût de ses contemporains, la cigarette à son avis n'en reste pas moins indigne d'un courage vraiment viril.
Laissons les écoliers, les jeunes demoiselles Nourrir leur appétit de ces maigres parcelles ; I^a iwitrine de l'iionimc est d"un'tcmpérament (hii digère sans peine un i)lus fort aliment ; Elle se débilite à ce régime fade ; On pourrait, au besoin, en manger en salade ! Remarquez au surplus que ce diminutif N'offre à ses partisans qu'un bonheur fugitif, <^)u'it arrive à sa lin aussih'il (ju'il débute, l'^t veut un successeur au bout d'une minute.
Au surplus.
Rouler constamment, en forme de gargousse. In papier qui se perd sous l'index et le pouce, (.'est un souci pijur inni pénible et trop fréquent Je suis un amateur et non un fabricant.
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Cigare à rallumer dispense de répondre.
Mieux encore, car ce ne sont guère jusqu'ici que qualités négatives, pour ainsi dire, mieux encore, elle donne de
l'esprit :
J'aspire la fumée
Et je rends de l'esprit '.
A ce compte, en France surtout, qui n'aurait voulu devenir fumeur ? Les fumeurs abondèrent. /
Pour peu qu'on en ait lliabitude, en effet, le tabac, au dire des bousingots, est le plus agréable et le plus sûr des excitants. L'inspiration est-elle rebelle par exemple ? ou votre main lourde et votre cerveau légèrement engourdi ? Faites un apj^el discret au cigarret ou au cigare: et votre torpeur d'être aussitôt secouée, et les excellentes dispositions de revenir au galop -.
(' Je vous demande pardon d'avoir l'air de vous donner des conseils, mais vous pouvez m'en croire sur j^arole, la méthode est bonne, j'ai cent fois éprouvé son eiricacité.
c( J'étais précisément hier dans l'état que vous me décrivez si bien et dont je comprends que vous soyez inquiet,