‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 65 sur 95 · QUELQUES ÉLÉGANCES ROMANTIQUES I^Q · texte numérisé non relu

QUELQUES ÉLÉGANCES ROMANTIQUES I^Q

Il se forme de petites sociétés, des clubs de fumeurs. Et ce qu'il y a de remarquable et de caractéristique, c'est que la littérature et i l'Art o ne sont jamais oubliés. Ces jeunes gens se défendent énergiquement de n'être que des dilettantes du plaisir, et avec la belle humeur de leur âge ils usent contre leurs adversaires d'inoffensifs calembours.

On dit impii déminent que nous no prisons rien ;

Nous sommes des fumeurs, mais nous sommes Artistes *.

Ils se réunissent pour « fêter leurs nuageux mystères », mais aussi pour dire des vers. Le « flâneur parisien » nous a laissé le compte rendu dune de ces petites solennités « tabagico-poétiques ».

« t) juin |i835]. — Mon valet de chambre m'a remis avant-hier une lettre qu'à sa couleur et à son parfum j'ai tout de suite reconnue pour venir du jeune C***.

" Vous êtes invité à honorer de votre gracieuse présence la séance hebdomadaire' du Cigaret-club, qui aura lieu demain, à 9 heures du soir, chez M. N***. Un membre du club dira des vers de circonstance ".

« C'était alléchant et je me suis rendu à l'invitation. Je ne me suis pas ennuyé.

« Mon entrée a été saluée par un joyeux tumulte de voix sonores. J'entendais, sans toutefois bien voir, ces jeunes gens étant enveloppés dépais nuages, comme les dieux des anciens. Une quinzaine de bouches à feu, de petits Etnas, lançaient, tel autrefois Gacus, des torrents de fumée ininterrompus, .le n'ai pas sourcillé, et bien m'en

1. Rodolphe Sérignac. « futur littérateur », i836. — Coïncidence curieuse, la même aimée, au mois d'octobre, Barbey d'Aurevilly notait, dans son Premier Mémorandum, p. 09 : « Fumé, pour ma part, quatre cigarettes ». Poiu- le dernier romantique, ces « quatre cigarettes» étaient une prouesse, évidemment.

a pris : ces jeunes étourdis, ils me l'ont avoué plus lard, avaient voulu me faire subir l'épreuve du feu... J'ai fumé trois cigares : et l'on m'a salué, au départ, avec une nuance bien marquée de considération.

u Le Cigaret-club n'ayant pas de salle spéciale, les réunions se tiennent chez chacun des membres successivement.

« Aucun apparat, aucun faste dans le décor. Sur une table, au milieu, une respectable quantité de boîtes de laque, de bois des îles, de métal, et dans ces boîtes, des tabacs de toutes les espèces. Il faut bien varier ses plaisirs. A côté, cinq ou six carnets de papel, et des cigaresde toutes les tailles, simplement étalés sur des assiettes.

« ... Après qu'on eut ainsi beaucoup bavardé, et j'ai été frappé de la facilité, de la verve de quelques-uns de ces jeunes gens, M. N***. président du club pour la semaine, le président étant toujours celui chez qui se tient la réunion, demanda quelques minutes de silence, et l'on se mit en devoir d'écouter les « vers de circonstance ».

« Alors M. B***, un beau jeune homme de vingt-deux ans, nous a lu avec beaucoup de conviction et de feu une série de six sonnets en l'honneur de la cigarette. Il a préféré cigarette à cigaret, nous a-t-il expliqué, à cause de la plus grande variété et de la plus grande harmonie desrimes féminines. Il a intitulé ses sonnets « A la gloire de la cigarette » : Comment on la fait. — Comment on la lient. — Comment on l'allume. — -Comment on lajume. — Défense de cracher. — Honneur à l'Espagne !

« Chaque sonnet ayant été redemandé deux ou trois fois, j'ai pu retenir quelques vers. Mais je prierai l'auteur de me laisser prendre copie de ses pièces : il ne faut rien laisser perdre pour la postérité. »

La copie a-t-elle été prise ? S'est-elle égarée !' Toujours.

OUEr.Ol i:S KLEGANCES ROMANTIQUES lOI

est-il que nous ne l'avons pas trouvée dans le Journal. Il est vraisemblable cependant que la postérité n'a pas beaucoup perdu, comme on en pourra jug^er par les bribes suivantes.

(( Premier sonnet : Comment on la fait.

Choisissez du papel d'une blancheur d'ivoire, A. souplesse de soie, à douceur de velours...

(( Ce sont les premiers vers.

(I Premiers vers aussi du deuxième sonnet : Comment on la tient.

Mollement allongé, les pieds en des babouches. Avant autour de vous le flollenient léger D'un manteau d'Orient...

(( .l'en ai conclu que ni moi, ni aucun membre du Cigaret-club n'observions les rites solennels, puisque personne n'était velu à l'arabe ou à la turque. L'auteur nous avait prévenus, il est vrai, que c'était description de fumerie solitaire ; et nous étions seize.

« Derniers vers du sonnet :

Sa blancheur opaline

Du pouce et de l'index jaillit comme une fleur.

« Je m'aperçois qu'il m'est impossible de me rappeler rien du troisième sonnet : Comment on l'allume. (( Quatrième sonnet : Comment on la fume.

Aspirez lentement, les yeux demi-fermés.

Du tabac espagnol le pénétrant arôme...

« Cinquième sonnet : Défense de cracher.

Oh ! malédiction sur ceux de qui la bouche Ne peut garder longtemps la divine vapeur!...

(i Sixième sonnet : Honneur h l'Espagne ! « Derniers vers :

Espagne! A toi, salut ! Gratitude profonde!

Ton Ciirislophe Colomb te conquit tout un monde.

Tu nous ouvres celui des rêves enivrants !

« Cette lecture achevée, j'ai vu avec terreur se lever un autre jeune homme, tout pale celui-là, fluet, et qui doit certainement mériter plus dune fois le virulent anathème lancé par son robuste prédécesseur contre ceux qui sépuisent à cracher en fumant. Heureusement il a eu l'inspiration courte. J'ai retenu la fin.

Mon corps perd tout son poids, il me pousse des ailes. Et comme un chérubin je plane dans l'azur.

Dit par ce chétif jeune homme, a^cc cette voix et cette physionomie, c'était ridicule et mélancolique ».

Confinés d'abord dans leur chambre ou leur cabinet pour y célébrer leurs nuageiix et odorants mystères', les

1. On n'osa pas d'abord se montrer en public la cigarette aux lèvres. Cf. C"='" Dash, Mémoires, III. p. 2/49 ; A. Karr, les Guêpes, janvier 18A0, p. ga. S'il faut en croire d'Alton-Shée (3/emotres, p. i38), c'est à lord Seymour que la « manie fumante », comme disait une vieille douairière, dut de se généraliser. Véron parle aussi, dans ses Mémoires d'an bourgeois de Paris, î, p. 36o, de l'habitude de fumer, qui sévissait \ers i84o. — Parmi les réquisitoires provoqués par la nouvelle mode, nous n'en connaissons pas de plus complet et de plus naïf que celui de l'abbé Rautain. dans la XIV« lettre de son livre, Ln belle saison à la campagne. Conseils spirituels. Paris, i858.

Fumer n'est pas un plaisir, constate l'excellent abbé; ce n'est qu'une atTaire de mode : on fume « pour faire comme tout le monde ». Satisfaite, la vilaine habitude donne peu de plaisir ; gênée ou contrariée, elle est cause de « beaucoup de malaise >•. 1 L'abbé a plus de bonne volonté que de logique). Puis, elle entraîne un surcroît de dépense « assez considérable, quand on fume beaucoup et de fins cigares. C'est de l'argent qui s'en va en fumée ». Autre inconvénient : « on y perd son temps avec son argent ; car c'est la manière la plus

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fumeurs s'enhardiinil bioiilot Jusqu'à fumer eu public. On cria au scandale, on se moqua. De vieilles douairières levèrenl les bras au ciel et gémirent que cétail à ce coup la fin de toutes les élégances : et quand on eut bien crié, bien cbansoimé, bien caricaturé, on se lut, on se résigna. La plupart du temps même, on adopta.

Dans une des spirituelles Lettres parisiennes thi vicomte

commode de vivre et de respirer sans rien faire, et sans sentir aussi louidenient le poids de son oisiveté. C'est la grande ressource des oisifs et des paresseux... les nuages de f innée, qu'on aspire et qu'on exhale, produisent une sorte de sonniolence qui engourdit ». Permis de fumer aux oisifs, aux marins, aux Turcs, aux dandys ou aux beaux ; mais un jeune homme sérieux et travailleur n'aura jamais ce défaut. Que d'inconvénients en elfet pour la famille et la société ! JSe parlons pas des « nausées », du « vertige », du « mal à la tête » que se donne si ridiculement le fumeur. Mais on incommode ses voisins, surtout les fenunes ; on garde l'haleine fétide, malgré les soins qu'on prend de se rincer la houche : les vêtements s'imprègnent de la mauvaise odeur, les la|)isseries, les meubles ; et quand cela u tourne au rance », el ciu'on l'a bien sur soi, c'est « une sorte de drapeau de mauvaise compagnie et une triste auréole ». Enfin et surtout, celle manie « dexiendra un dissohanl de la société française », par l'inslilulion du fumoir, « car il y a maintenant, même dans les maisons les plus élégantes, un fumoir », où, dès le café pris, les hommes se retirent ; el quand ils en reviennerd, « une heure après », ayaid bien « fumé et crié », jugez de leurs dispositions « pour les choses de l'esprit et pour une conversation distinguée ! C'en est fait, le moment est perdu, l'ennui a gagné tout le monde, et on ne songe plus qu'à se retirer ou à se parquer à des tables de jeu. La fumée de tabac a jeté un narcotique sur l'assemblée ». Aussi a-t-on bien fait, en fin de compte, d'avoir cercles, clubs, casinos, qui précipitent la ruine de la société française. Où en sommes-nous en elTet ') « Aujourd'hui, grâce au tabac, au cigare et autres choses semblables, nous sommes redescendus, sous le rapport social, au ni\eau des Anglais et des Allemands... On ne sait plus causer en France. On assemble les hommes pour les faire manger, boire, fumer, jouer et danser, c'est-à-dire pour leur procurer les joies des appétits inférievus ou de la cupidité ». Pour toutes ces raisons, Evigène — c'est le jeune homme à qui s'adressent les Conseils spirituels — Eugène ne fumera pas, s'il tient à rester « homme de bonne compagnie par cette politesse française qui a fait longtemps une de nos plus belles gloires, et qui s'en va aujourd'hui avec tant d'autres choses aimables ou glorieuses ».

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de Launay, M"" de Girardin déplorait (26 juillet 1839) que le boulevard des Italiens fût obscurci de (( vapeur cigarine >. et elle constatait mélancoliquement qu'on demandait chez Tortoni une glace aux fraises, et qu'on avalait en réalité un affreux sorbet à la nicotine. Mais, trois ans plus tard, une autre jeune femme, moins distinguée assurément et moins spirituelle, observait, sans être une lionne, qu'entre des mains finement gantées la cigarette ne manquait pas de grâce, et qu'à la condition d'être de choix, les cigares exhalaient une odeur qui, même pour des narines féminines, n'avait rien de désagréable. Nous sommes déjà loin du temps où Balzac pouvait écrire : « Les Parisiennes n'ont que deux antipathies : les crapauds et la fumée de tabac. »

Il ne manquait plus à la mode nouvelle que d'être officiellement consacrée par des littérateurs de quelque renom. A. Rabbe composa un joli poème en prose en l'honneur de la pipe ; on le trouvera au premier volume de ses Œuvres, p. 229. Et il ne fallut pas moins de trois chants à Barthélémy pour célébrer dignement r.47'/ de famer^. (/était presque la gloire.

Du moins une belle notoriété avait-elle été depuis quelque temps acquise au nouvel usage, grâce aux femmes, — à quelques femmes. Romantiques en cela, les lionnes l'ont adopté. Désir violent de manifester sa personnalité ou amour maladif du scandale, la lionne fume : quel plaisir peut valoir celui d'étonner, de stupéfier ses contemporaines et ses contemporains ! On blâme ces « effrontées »), on les persifle. Oser porter « à leurs lèvres roses des cigarettes d'Espagne n ; un pareil dévergondage n'au-

I. L'Aride j amer on la Pipe el le Cufnre, pocmc en trois clianls, suivi de noies, i8A4-

QUELQUES ELEGANCES ROMVMIQUES i;)l>

rait-il pas c fail frissonner, reculer, défaillfr toutes les grandes darnes du grand siècle ' ? i> La lionne hausse les épaules, et continue à pétuner, ravie de faire enrager les vieilles douairières. Il ne serait pas impossible qu'elle soit pour quelque chose dans le nouvel aménagement de quelques maisons (( fashionables )>, où l'on a « une salle à fumer comme on a une salle à manger- ».

Ce qui est sur. en tout cas, c'est que le désir de plaire à telle ou telle lionne donna à beaucoup de jeunes gens l'habitude de griller des cigarettes. « André n'est plus le timide et rougissant jeune homme que vous avez connu. La petite D**' s'est chargée de son éducation. C'est une bonne maîtresse, sans jeu de mots, à en juger par les résultats. Depuis qu'il la connaît, André fume comme un oriental. Il y a des jours où l'air, chez lui, est irrespirable-'... » Et c'est ainsi que, sans le vouloir, puisqu'enfin le romantisme n'avait pas toujours leurs sympathies, les lionnes ont contribué j)lus que personne peut-être à la dilTusion d'une habitude romantique.

Comme Barthélémy le constate avec simplicité dans un passage de son prosaïque poème, la cruche flamande et le yro(j au rhum s'accordent parfaitement bien avec le tabac. Rien ne donnant soif d'ailleurs comme de fumer, on se mil à

Hunier la cigarette en vidant force pots ;

I. La Mode, i.") juin iS/j-j. Extrait des Mémoires d'an Lion. 3. Vicomte de Launay, Lettres parisiennes, 8 février 1837. 3. Joseph A***, mai i836.

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et le i)unch et l'orgie furent rapidement parmi les plus chères habitudes des Jeune-France.

On fumait pour ahurir le bourgeois : on se grisa pour l'ahurir davantage, le scandaliser. « par bravade, ennui et dégoût de sa bêtise solennelle », et aussi pour « se culotter tout à fait »), pour « se compléter », comme il est dit dans le Bol de punch. Et l'on suivit le même modèle, mais de plus près cette fois : on imita Byron et les fameuses orgies de Newstead Abbey : du moins nos jeunes écervelés s'y efforcèrent-ils de leur mieux.

Le nombre de ces disciples aurait été de très bonne heure considérable, s'il faut en croire l'un d'entre eux.

Il est depuis longtemps avéré que nous sommes

Dans le siècle environ six mille jeunes hommes

Qui, du démon de l'art nous croyant tourmentés.

Dépensons noti'e vie en excentricités.

Qui, du fatal Byron copiant les allures.

De solennels manteaux drapons nos encolures '.

Six mille, c'est un chiffre. Mais la ])oésie ne fit jamais bon ménage avec la statistique, et il y a là sans doute une II poétique exagération », malgré ce que le fait a, nous dit-on, d' « avéré ». Ce qui est certain du moins, c'est l'empressement que, vers i83o, Ion mit à suivre l'exemple du grand poète anglais. L'enthousiasme des Jeune- France n'eut jamais d'égal que leur candeur.

Tout le monde connaît les pages amusantes où Théophile Gautier a conté ces excentriques prouesses et ces mirifiques « beuveries », en s'en moquant un peu : le Petit Moulin-Rouge, tenancier (iraziano; l'envie folle de faire de la petite auberge un autre ^c^vstead ; le crâne

I. Philothée 0">>eddy, Poésies j)Oslliumes, 1877 : Lue fièvre de l'époque, 1887.

QIELOUES ÉLÉGANCES UOMVMIQLES iSy

apporté par Géra itl de Nerval et volé à la « collection analomiqiie » de son père, d ancien cliirnrgicn d'armée », un crâne qui d aAait apparlcnn à un lambour-major tué à laMoskowa » et que, pour la circonstance, le doux: Gérard avait « monté en coupe au moyen d'une poignée de commode en cuivre fixée à l'intérieur de la boîte osseuse par un écrou tourné sur un pas de vis » ; le crâne, remjili de vin, circulant à la ronde, « et chacun en approchant ses lèvres avec une répugnance plus ou moins bien dissimulée » ; — et. dans le Bol de punch, l'imitation naïve de l'orgie classique, c'est-à-dire l'orgie telle que la décrivent les romans à la mode, tous les détails en étant minutieusemenl réglés d'avance, le rite scrupuleusement suivi, et pour qu'il n'y ait pas la moindre hésitation, le plus petit accroc dans l'observation de cet extraordinaire protocole, chaque convive ayant, ouvert à ses cotés, le livre où son auteur favori parle de <' l'orgie échevelée », et en traduisant fidèlement le texte dans ses gestes et dans .ses paroles... « C'est ici que je dois verser du vin dans mon gilet, et donner à boire à ma chemise. La chose est dite expressément page 171 delà Peau de chagrin. Voici l'endroit. Diable! c'est précisément mon plus beau gilet, un gilet de velours, avec des boulons d'or guillochés. N'importe, il faut que le caractère soit conservé ; le gilet sera perdu. (Il se verse un grand verre de vin dans l'esloniac). Ouf! c'est froid comme le diable, j'aurais dû avoir la précaution de le faire tiédir. Je serai bien heureux si je n'attrape pas une pleurésie. C'est joliment commode d'avoir la poitrine toute mouillée comme je l'ai ! » Plaisante mascarade, dont il convient de sourire, mais que l'on a prise alors terriblement au sérieux, comme nous le verrons.

Donc rien n'est plus élégant, rien ne sent son Jeune- France comme une belle orgie. Encore faut-il qu'elle

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«oit célébrée selon certains rites. Il ne serait pas mauvais par exemple — et il fallait s'y attendre — qu'il y ait du gothique en l'affaire. Dans le Bol de piutc/i. quelqu'un propose une de ces truculentes folies. Déchaînement subit d'enthousiasme.

(( — (3ui ! oui ! une orgie pyramidale, phénoménale, -crièrent tous les drôles à la fois, une orgie folle, échevelée, hurlante, comme dans la Peau de chagrin de M. de Balzac, comme dans le Barnave de M. Janin, comme dans la Salamandre de M. Eugène Sue, comme dans le Divorce du bibliophile Jacob.

(I — Non, non, à bas celle-là ! c'est empire, c'est poncif 1

(« — Comme dans la Danse nmcahre. du même.

(( — A la bonne heure, c'est moyen âge. au moins, cela a vme tournure. «

Et en effet, à côté « des marquis, des comtesses et des •merveilleux », il y aura « des truands et des mauvais garçons, avec le camail et le chaperon, la grande plume rouge, haute de trois pieds, la dague au poing, un jurement à la bouche, tous pèle- mêle avec des bohémiennes .et des filles folles de leurs corps, en jupes bigarrées et étincelantes de clinquant ».

C'est l'orgie type. On en retrouvera la plupart des accessoires dans toutes les « fêtes romantiques », avec d'insignifiantes variations.

Il y a un élément indispensable, essentiel, de ces juvéniles gaîtés, et c'est le punch — que Jules de Rességuier avait chanté dès 1824 ' — et dont la coupe, énorme quel-

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