‹ Le romantisme et la mode d'après des documents inéditsChapitre 74 sur 95 · M"« TAGLIONI · texte numérisé non relu

M"« TAGLIONI

LAIR HOMANTIQIE l8l

pliant'itr cristalline, » un air n didrale séraphicilc *, » comme Maria Taglioni : ce fnt le rè\e de toutes les jolies femmes, cl même de quelqnes antres qui ne l'étaient point. « 0 henrenses, heureuses, trois fois heureuses, celles que le ciel a pétries dune matière légère, qui ne connurent jamais le fâcheux embonpoint, et dont la démarche aérienne, affranchie des lois de la pesanteur, rappelle le vol fluide des chérubins- 1 » La réaction est complète contre les goûts de l'Empire. « Les massives .lunons soni détrônées. » On ne veut plus des « corpulentes et puissantes matrones », et toutes les admirations \ont à celles qu' « aurait volontiers admises dans sa troupe légère, pour la légèreté de leurs terrestres apparences, la légère et folâtre Titania » '^.

Il \ a des moyens classiques de réduire la taille : naturellement les femmes n'hésitèreid pas à s'y soumettre ou même à s'y offrir avec une patience et un courage héroïques. On allonge, on amincit, on amenuise, on

Pliilippe M***, que nous avons cite dans Le Romantisme et les mœurs, p. lO : « Elle est blonde, plus blonde que le cbanvre que filent gracieusement ses doigts fuselés ; ses yeux sont d'azur ; et sa taille a la légèreté, la finesse exquise d'une sylphide. »

1. Le mot est dans la lettre d'un Jeune-France, Vrtliur D***, i836. — Maria Taglioni a eu sur la mode une influence considéiable, — comme toutes les étoiles d'ailleurs. Nous avons dit quel avait été, un moment, le succès des mousselines blanches ; la célèbre danseuse ne portait que ce genre d'étoffe. Eu son honneur, la maison Maurice Beauvais créa le turban sylphide, la première représentation de La Sylpliide (1827 1 ayant été un gros événement mondain. Après La Fille du Danube, ballet dansé par la Taglioni, on lança un « talTetas vagues du Danube », etc. L'air d' « idéale séraphicité », dont il est parlé ici, lui doit son prestige pour une bonne part. Cf. les « observations préliminaires » et la note de la page i.

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