CHAPITRE II
La Toilette Masculine
« Votre M. Victor Hugo est un bien grand homme », disait aux environs de i834 un tailleur à un de ses clients, admirateur fanatique du poète ; « il m'a encore fait vendre cette dernière quinzaine cinq redingotes et huit pantalons. Mais, voyez-vous, je lui préférerai toujours personnellement M. Alexandre Dumas. Ah ! celui-là, c'est bien le plus grand génie dont s'honore la jeune école, comme vous dites avec ces messieurs du Cercle^ ». Combien Alexandre Dumas avait-il fait vendre de pantalons et de redingotes à l'artisan subtil dont le désintéressement en fait de littérature était si notoire, et qui établissait ses jugements sur des considérants si imprévus? Nous l'ignorerons à tout jamais ; et c'est dommage. Mais que le nombre en ait été considérable, la ferveur de son enthousiasme nous en est un sûr garant.
A tout prendre d'ailleurs, ce n'était pas si mal juger. De quoi était donc avide la génération d'alors, sinon de pitto resque, de couleur locale, de moyen âge ? Et n'est-ce pas précisément de toutes ces choses que les œuvres dramatiques de Dumas et de Hugo sont remplies? Mais Henri III •et sa cour est de 1829 ; et s'il est vrai qu'//er««/z/ ait pré-