L AMEUBLEMENT ET L ARCHITECTL HE
Devant le moindre objet dont l'archaïsme est authentique, c'est lout un amusanl manège d'afféteries, d'enthousiasmes débordants, de pâmoisons babillardes. « Dire que ce dé a chaussé le doigt de la dauphine Marie-Josèphe 1 i» s'écrie une minaudière. fort joyeuse de Irouver le dé trop large [)our ses doigts en fuseaux » ; et d la femme d'un colonel des gardes lit ses Heures dans un manuscrit aux arntes de Diane de Poitiers ^ »
Qu'il y ail du snobisme en l'affaire, beaucoup de snobisme, c'est par trop évident ; mais ce qui ne l'est pas moins aussi, et ce qu'on ne mettra jamais en assez vive lumière, c'est la force énorme de propagation que ce snobisme a reçu de l'école de 1800. Des succès dramatiques retentissants , surtout la vogue prodigieuse de Notre-Dame de Paris - , assurent auv choses du moyen âge la faveur universelle ; c'est plus que de l'engouement, c'est une manie, une fureur, et qui se prolonge. — par la raison bien simple qu'un mobilier se renouvelle moins aisément qu'une toilette ou un costume. La toque à créneaux, les manches à gigot disparaissent ; disparaissent aussi les pourpoints, les capes à l'espagnole, les feutres à la Rubens : pour une bonne partie l'ameublement reste gothique.
Comme toujours, ce sont les artistes et les hommes de lettres, — c'est-à-dire les romantiques, —qui donnent le ton. Il y a du gothique dans le mobilier de Victor Hugo : lisez la \'ente du mobilier de Viclor Hugo dans VHistoire du