‹ Le romantisme et la modeChapitre 65 sur 99 · I. Dans une ode on stroplies de huit vers de sept pieds · texte numérisé non relu

I. Dans une ode on stroplies de huit vers de sept pieds

La cinir brillante et choisie Des liants palais de l'Etlicr Se fatiguait d'ambroisie

QUELQUES ELEGANCES ROMANTIQUES 1 âg

quefois, se dresse u comme un aiilel au milieu du sanctuaire ».

Au centre de la salle, autour dune urne en fer,

Digne émule en largeur des coupes de l'enfer.

Dans laquelle un beau punch, aux prismatiques flammes.

Semble un lac sulfureux qui fait bouler ses lames,

Vingt jeunes hommes, tous artistes dans le cœur,

La pipe ou le cigare aux lèvres, l'œil moqueur.

Le temporal orne du bonnet de Phrygie,

En barbe Jeune-France, en costume d'orgie.

Sont pachalesquement jetés sur un amas

De coussins dont maint siècle a troué le damas

Et le sombie atelier n'a pour tout éclairage Que la gerbe du punch, spiritueux mirage'.

C'est comme une manie : tout le monde en est atteint, et ce ne sont ni les moins dépenaillés, ni les moins faméliques, qui pratiquent avec le moins d'emportement ces débauches... d'imagination.

Petrus Borel a connu la misère la plus noire, il a souvent manqué de pain : son Passereau n'en a pas moins le culte du » ponche d. Dans ses moments de spleen, « sa

Sons les yeux de Jupiter,

On liàillait dans le ciel même...

Pour distraire les dieux. Mercure invente le punch.

Au jardin des Hespérides Le dieu cueille, en souriant.

Ces fruits d'or aux sucs acides Dont s'embaume l'Orient ; Puis it vole au Nouveau-Monde, Et prend cette plante encor, Qui de l'abeille féconde Fait oul)lier le trésor, etc.

(Muse française, 7' livraison).

On voit que la poésie à la Delille n'était pas encore morte. I. Feu et flamme, i833. Nuit première. Pamlœmonium.

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porte était condamnée, sauf à Albert qui, assez volontiers, venait se cotlïer avec lui ; non pas mû par le même délire, la m«'me souffrance, la même désolation, mais pour loriginalité du fait, pour prendre un peu la vie à rebroussepoil et parodier celle bourgeoise rectiligne ; et par dessus tout, alléché par le ponche et le cigaret, pour lesquels A.lbert avait une foi religieuse, une conviction profonde, une considération très distinguée ».

Orgie et punch : il n'y a pas alors de mots plus fréquemment appariés.

t< Orgie devint facilement à la mode. Peu de drames sans orgie, depuis que Gcnnaro avec son poignard avait gravé sur la façade du palais des Borgia la triomphante anagramme Ovgia.

« Il était fécond, le nombre d'incidents mouvementés auxquels prêtaient ces deux courtes syllabes si pleines. L'orgie, c'était avec la beauté et la richesse, la sensualité, l'oubli de la vie, les joies de l'enfer, la révolte contre la société, le délire des seus^ »

Pas d'œuvre d'imagination qui n'ait son « orgie ». C'est surtout un épisode obligé dans tout roman qui prétend donner une peinture exacte des mœurs de l'époque. « L'orgie! vive l'orgie!... les quatre buveurs à longs cheveux et à longues barbes, ivres et couchés sur le parquet; une fumée de pipe de houcas, de papelitos, de cigares et de cigarettes ; par-dessus tout cela les verres brisés, le parquet ruisselant elles femmes souriantes et à demi nues, l'amour dans les yeux, le cigare à la bouche ; vive, vive l'orgie - !... »

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