Chainpfleury, Les VUinettes romunllques
2. Ferrière, Roianns et mariage, 1, p. ()7. — Cf. Balzac (OEiivres complètes, II, p. 569, Une Fille d'Eve) : « Après les nombreuses descriptions d'orgies qui marquèrent cette phase littéraire (i8;53), où
QUELQUES ÉLÉCANCES ROMANTIQUES 1 6 1
Orgies de toute part dans la littérature, orgies de toute part chez « les jeunes vraiment jeunes ». Lisez plutôt l'amusante pièce de Roger de Beauvoir, dans la Cape et l'Epée.
Arthur est ce qu'on nomme un poète à la mode, llomanesque jeune iiomme, et qui ne croit à rien. Abîmé de cliampagne et mauvais rimcnr d'ode, Mais qui ne ciiante pas trop mal l'italien.
Il est rose et bien l'ait. — On le met en musique. Il enlève beaucoup de femmes dans ses vers : Il fume, boxe, boit sur la place publique...
Nous avons à Paris beaucoup de ses semblables. Dérangés par système, honnêtes jeunes gens. Qui veulent à tout prix boire et casser des tables, Et rentrer en fumant le soir chez leurs parents.
Théophile Gautier a raison : l'orgie était alors « aussi nécessaire à une existence d'homme qu'à un in-octavo d'Eugène Renducl ». De tous les côtés claironnent les appels les plus retentissants.
Voici le punch qui bout et siflle dans la coupe ! Que la bande joyeuse autour du bol se groupe ! En avant les viveurs ! Usons bien nos beaux ans ; Faisons les lords Byrons et les petits dons Juans ; Fumons notre cigare, embrassons nos maîtresses. Enivrons-nous, amis, de toutes les ivresses'...
il s'en fit si peu dans les mansardes où elles furent écrites, il est diflîcile de pouvoir peindre celle de Florine, » etc.
I . Epigraphe de Sous la table, dans les Jeune-France. — On a beau être l'homme le plus sobre du monde, force est bien de suivre la mode, au moins en poésie : et Théophile Gautier ne craint pas de nous faire ces imaginaii'es confidences :
Aux vents capricieux qui soiifllent de Bohème, Sans les compter, je jette et mes nuits et mes jours. Et, parmi les llacons, souvent l'aube au teint blême M'a surpris, dénouant un masque de velours.
Cf. encore dans la Peau de chagrin (Balzac, XV, p. l'^a), un long
iG'i LE ROMANTISME ET LA MODE
Et l'on se grise en vérité quelquefois ; mais, le plus ordinairement, ce n'est qu'une orgie de bruit et de paroles. Avant même d'avoir vidé leur première bouteille, ces jeunes gens sont ivres de paradoxes et d' « assourdissantes clameurs ».
Alors un loiirbillon d'iiicohiTcnlcs phrases. De chaleureux devis, de ludesques emphases, Se déroula, hurla, bondit au gré du rum. Comme une rauque émeute à travers un forum '.
Tapage infernal. Indescriptible coliue. On crie à qui mieux mieux et l'on s'égosille, — avec le seul désir de réduire les autres au silence parle tonnerre de la voix et l'énormité des propos.
Vrai Dieu ! Quels insensés dialogues ! L'analyse, Devant tout ce chaos moral, se scandalise;
comme aussi devaid ces
...conversations d'enfer où s'accumule Plus de charivari, de tempête et d'arroi. Que dans la conscience et les songes d'un roi.
C'est quelque cliose enfin de si monstrueux qu'une comparaison ultra-romantique seule peut en donner l'idée. Figfurez-vous donc un tremblement de terre dans une ville espagnole : les palais lombcnl dans les égouts, les églises s'écroulent dans les quartiers juifs, et de u chastes capu cins », sortis en procession pour conjurer le fléau, vont rouler, victimes de leur charité, dans des lupanars 1
passage, assez imi)ortant, sur la poésie de la débauche. Et qui aurait jamais cru (Casimir Delavignc capable d'écrire ce romantique alexandrin :
Nous étions beaux à voir autour d'un bol en feu .'