‹ Le romantisme et la modeChapitre 81 sur 99 · L AIR ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

L AIR ROMANTIQUE

finesse; ef quand on ne la point, on se donne beaucoup <le mal pour lavoir ou paraître lavoir.

Oui, ma taille est cambrée et surtout elle est fine ;

lit-on dans la saynète à laquelle nous avons déjà fait de nombreux emprunts, les Fashionable.s on les Goûts du jour.

On la cite en tous lieux pour sa légèreté ; Car le fait est certain, ma sveltesse est divine Et je forai bientôt la nique à la beauté.

C'est dans la bouche dun romantique, est-il besoin de le faire remarquer? que sont mises ces prétentieuses et ineptes paioles.

.Vu témoignage de la comtesse Dash, qui l'avait bien connu, Barbey d'Auicvilly a «une taille de guêpe », et beaucoup de ses contemporains sont « aussi serrés, aussi pinces que lui... C'était la mode* ».

Quelques-uns la pratiquent avec un zèle si aveugle qu'ils en deviennent immédiatement ridicules. Un magistrat, homme d'esprit, définissait ainsi l'un de ces outranciers : « Le petit de B*** ') l ne pomme d'api sur deux citrouilles réunies par une allumette. » La figure du petit de B*** n'était pas selon le rite romantique, du moins sa taille s'y conformait-elle scrupuleusement.

Et cette sveltesse, on l'entretient ou on se la donne, non point par la pratique des sports, ainsi qu'il conviendrait à des hommes, mais exactement à la mode des femmes, en se privant de nourriture. On a vu plus haut les observations ironiques de la Mode sur cette manie de sobriété excessive. Quand il reste chez lui, Barbey d'Au-

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