‹ Le romantisme et la modeChapitre 82 sur 99 · I. Dans Le Journal du 5 octobre 1S · texte numérisé non relu

I. Dans Le Journal du 5 octobre 1S

5iîi I.n ROMANTISME KT LV MODE

revilly fail grâce à son estomac dun repas par Jour : et quand il dîne dehors, si cela s'ajipelle dîner, il ne touche à aucun plat'. C'est la méthode d'un certain nombre de Jeune-France.

Elle a des avantages. D'abord, elle ne grève aucun budget domestique. Puis il \ a des gens - — fort peu délicats à la vérité — qui en profitent comme d'une excellente occasion pour rendre, sans trop de frais, les politesses quils doivenl. Le moyen est d'une enfantine simplicité.

Vous choisissez dans vos relations des gens notoirement atteints de romantisme, vous les invitez ensemble, à peu près sûr d'avance qu'ils ne toucheront à rien, et vous organisez votre dîner en conséquence, non pour la qualité, cela va de soi. mais pour la quantité. Vous avez, par exemple, dix ou douze personnes à recevoir : par prudence — la précaution est généralement inutile ; mais enfin il y a des gens si bizarres, si fantasques! — par prudence, vous commandez pour trois ou quatre seulement : et cepeudani que vos hôtBS romantiques se répandent en propos amers et désabusés, ou résignés et mélancoliques, vous avez la satisfaction de faire avec madame votre épouse un plantureux festin, dont les restes vous défraieront encore au moins une semaine. C'est ainsi qu€ M. et M"' F*** reçoivent quelquefois, à ce que prétendent les mauvaises langues de leur quartier-.

I. QoWc manie est d'autant pins caracloristiqac que les plaisirs de la table, à celle époque, sont, ou fféuéral. loin dï'Ire méprisés ; lise/ plulôl les Soupeitrs de mon lemjjs. de llnger de Beauvoir, et voyez, p. 195. le Tuenu du dîner de 5oo francs qu'à la ^Tiile d'un pari «"XI. Je comte tleclor (pour Horace) de Viel-Casiel » mangea à lui tout seul. M. le couile n'avait cvide<rnnpiil pas uu estomac romantique. — Eu guise de déjenudr. i>ii prend tiiielque chose. \\n rieu : « cVsi le mot de tout le monde, c'est-à-dire de la .leuiic-Kiauee. » (Mal/ac, Nouvelle théorie du déjeuner.)

:i. .Journal du « flâneur parisien », i5 novembre iS35.

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A ce régime, évidemment, ou ne se l'ail pas des nerfs (lacieret des muscles dalhlète ; mais on maigrit, on pâlit, on devient enfin les dignes compagnons des fantomatiques créatures dont il a été précédemment question et l'on est sur auprès d'elles du succès.

Dès avajit iSaô, pâleur, maigreur sont marques de distinction et d'originalité.

L n classique et un romantique causent ensemble. « Qu'avez-vous donc? » observe le classique. <( Vous avez l'air malade. » Et le romantique de répliquer :

Ah 1 c'est ce qui m'enchante.

Si j'avaîs le teinf frais, je serais bafoué. SciiUler, Bvron portaient sur leur face amaigrie Le cachet du sublime et de la rêverie'.

C'est du mollis le « cachet») à la mode. Pâles, tous les héros du théâtre et du roman contemporains sont pâles, de Didier à Vntony et de Jacques à Ruy Blas. Qn essaiera de leur ressembler ; et. pour y arriver plus rapidement et avec plus de sûreté, on fera comme les couventines et les jolies femmes : on ingurgitera des citrons à la douzaine et on boira du vinaigre à rasades-.

(i J'ai été voir hier le jeune de ('/** qui voulait mon avis sur je ne sais plus quel bahut gothique », écrit notre (I humoriste ) à la date du l 'j juin iS'ô\. ^ Il m'a offert une glace au citron, d'ailleurs exquise. Mais il a une façon

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