LAIR ROMANTIQUE
concessions et qu'il nest galanterie ou simple politesse qui puisse prévaloir contre son romantisme ?
(( ... Et maintenant, ma chère amie, il faut que je vous fasse un aveu. Je vieillis, oui, je vieillis horriblement. C'est triste. Je ne me moque pas le moins du monde.
« L'autre semaine, j'étais à dîner chez M"" N***. C'est un peu ma fille, comme je vous l'ai dit bien souvent. Vous savez si je l'aime, et si je goûte son esprit toujours si amusant et si imprévu. On ne peut que lui reprocher ses toquades un peu vives pour tout ce qui est nouveau. Mais la jeunesse aime la jeunesse... Elle est coiffée de la nouvelle école ; c'est une folie, un délire. — Il faut que je vous fasse connaître quelques uns de ces romantiques, me disait-elle souvent ; vous verrez ; ils ne sont pas tous bien élevés, mais ils sont si drôles ! — A mon âg-e, on ne se scandalise plus de certains défauts d'éducation ; va donc pour la drôlerie ! . . .
(( Ils sont drôles, en effet... Mais quel langage, mon Dieu ! quel langage ! Cela se croisait au-dessus de la table comme des fusées d'un feu d'artifice, mais j'avoue que cela n'avait pas pour moi la même clarté. — C'est pyramidal ! C'est gothique ! c'est cathédrale ! c'est flamboyant ! c'est satanique ! c'est asphyxiant ! c'est... je ne sais plus quoi. Et il fallait voir leurs mines de satisfaction, et leurs rengoigements de vanité. Ils en éclataient dans leurs gilets ' I... ))
Ces jeunes gens étaient romantiques, et ils parlaient l'argot romantique, tout simplement.
Autre spécialité plus caractéristique encore : le Jeune- France jure. Comme autrefois les petits marquis de Molière — ou comme les charretiers d'aujourd'hui — il a