XIV . PRÉFACE
son observation est incomparable d'exactitude, qu'Emma Bovary et Frédéric Morean résument et incarnent admirablement des milliers d'existences façonnées par le romantisme; et qu'ainsi, sur l'idée essentielle de notre travail, Flaubert nous donnait doublement raison.
Toujours pour le même motif, nous avons négligé volontairement de nous enquérir s'il en avait été des écrivains comme du public, s'ils avaient subi, et jusqu'à quel point, l'influence des théories qu'ils propageaient. La question cependant serait curieuse à plus d'un titre. Si l'on discerne assez malaisément la prise qu'ont pu avoir les idées romantiques sur un Victor Hugo, on la voit plus facilement, on la voit même sans trop de peine, quand il s'agit d'un Musset et d'une George Sand. Mais il nous faudrait sur chacun d'eux une biographie détaillée, copieuse, comme celle que M. Adolphe Boschot a consacrée à Berlioz et conçue dans le même esprit. Puis, notre objet principal ou même exclusif était l'influence du romantisme sur les lecteurs d'oeuvres romantiques. Enfin et surtout, en même temps qu'assez délicat, c'eût été, nous l'avons dit, un peu bien long.
Il est cependant un point sur lequel il importe de bien s'entendre. A ne considérer, ou à peu près, que l'influence malsaine du romantisme, — et nous répétons que ce n'est point notre faute, — on courrait le risque de ne plus bientôt voir dans les écrivains romantiques que des espèces de malfaiteurs volon-