PRÉFACE W
laires, vulgarisateurs conscients de principes fâcheux, vrais empoisonneurs publics, selon le mot de Nicole, et qui donc mériteraient un peu plus que du mépris. Ksl-il besoin de dire que dans la réalité il en va tout autrement? Non qu'il faille les tenir quittes de toute responsabilité. Nous pensons au contraire et nous voudrions en faire convenir ceux qui prendront la peine de nous suivre jusqu'au bout, nous pensons que ces écrivains, à quelque infime proportion qu'on veuille d'ailleurs la réduire, doivent avoir une part dans les conséquences qu'on a pu tirer de leurs œuvres. On a toute liberté de plaider à leur endroit les circonstances atténuantes, car il y en a, et nous avons essayé de les indiquer nous-même à plusieurs reprises ; peut-être cependant serait-il un peu plus que hardi de réclamer en leur faveur l'acquittement complet. N'ont-ils pas élé à peu près unanimes à affirmer la supériorité des mêmes principes, à proclamer Féminente qualité des mêmes sentiments, à chanter le même idéal enfin? On dirait vraiment une gageure : elle est affligeante.
Il y a eu pourtant parmi eux des bourgeois, de bien authentiques bourgeois, à laisser au terme l'énergique signification que lui donnaient les Jeune-France, — Simple affaire de mode alors et purs exercices de rhétorique que toute cette littérature ? Recherche puérile d'effets dont on est sûr qu'ils portent sur le public et provoquent le brouhaha? — Ce serait trop dire, incontestablement ; mais c'est ainsi que J.-J. Rousseau,