‹ Le romantisme et les moeursChapitre 20 sur 122 · René Descharmes. A. Le Poittevin, p. xxm et xxxvi · texte numérisé non relu

René Descharmes. A. Le Poittevin, p. xxm et xxxvi

3. Il s'en consola de son mieux en écrivant Salammbô, comme Bouilhet en composant ses pastiches rie la poésie chinoise, ("était le

Puisque le goût de l'exotisme est comme un brevet de distinction intellectuelle et sentimentale, quelque chose enfin qui vous tire tout de suite du commun ', rien d'étonnant alors qu'on l'ait sollicité avec tant d'ardeur.

« Voguer au clair de lune sur de noires gondoles le long de palais formidables et mystérieux, se laisser bercer au pas indolent des chameaux en suivant la caravane dans le désert illimité, respirer par tous les pores tous les parfums de l'Orient et boire à longs traits la chaude volupté des tièdes nuits méridionales, s'enivrer enfin d'air-, de lumière et de liberté'2 », — ou « vivre dans l'ombre épaisse des cathédrales et passer ses journées en compagnie des hauts barons et des blondes châtelaines, les suivre partout, à la messe dans l'étroite et haute chapelle du castel, à la chasse le faucon au poing, au tournoi sur de blancs palefrois tout reluisants d'or et d'acier :} » : voilà quels furent les souhaits ardents et ingénus de presque toute une génération.

Il n'est étudiant en droit ou clerc de notaire qui, sur les bancs de l'Ecole ou à son étude, ne laisse, « avec de voluptueux caprices, errer son imagination sur l'océan des jours défunts ou aux horizons lointains ». et ce, au dominât» e

dépaysement suprême pour des artistes, que «le se figurer des états d'âme si différents de ceux de leur génération. — Sur tout cet exotisme de Flaubert, cf. René Descharmes, Flaubert, .sa rie, son caractère, 39-42.

1. Qu'on se rappelle le propos de Théophile Gautier que nous avons rapporté plus haut, p. 10. « Ce qui nous distingue, c'esl l'exotisme... », etc.

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