Histoire du romantisme, p. 64, éd. Charpentier
3. L'article, de Berlioz, est intitulé Tablettes romantiques. Cf. Ad. Roschot, la Jeunesse d'un romantique, 120.
\. Feu et flamme. Pandsemonium. — « Les fortes têtes dessalons
« Le corps n'est qu'un fanal », déclare Boulay-Paty dans son Elie Ma.rla.ker (xxxv) ; « l'âme en est la mèche : il faut que la passion l'allume pour que tout s'éclaire autour de soi ! Qu'importe après qu'elle brûle et que le fanal s'use ! »
De l'avis de Musset, « l'exercice de nos facultés, voilà le plaisir ; leur exaltation, voilà le bonheur1 ». Fidèle enfin jusqu'au bout à ce qui avait été l'idéal de sa jeunesse, Flaubert écrivait encore, le 26 mai 1874 : « Je me sens bedolle, vache, éreinté, cheik, déliquescent, enfin calme et modéré, ce qui est le dernier terme de la décadence. »
C'est donc une prétention des romantiques de recevoir de toutes choses des impressions vives, des impressions profondes. Autant que par la finesse de leur sens esthétique, c'est par cette supériorité qu'ils se targuent d'écraser les bourgeois. Le bourgeois est épais, il s'émeut difficilement; les sensations chez lui restent toujours molles, faibles, languissantes ; elles arrivent presque mortes « au centre de l'épaisse et hippopotamesque carapace qui lui sert de cœur2 », — expression hardie au point d'en être inintelligible. Le romantique au contraire est une vraie sensitive. C'est une àme en perpétuel frémissement. « Comme on dit que la Ivre éolienne vibre et chante au plus léger souffle qui passe dans l'air, ainsi mon cœur frémit aux moindres sentiments
• le finance... ne voient pas que la vie intérieure, la vie romanesque et métaphysique est aussi turbulente, aussi aventureuse, aussi libre que les tribus arabes dans leurs solitudes. » Ib. Avant-propos, xn.