‹ Le romantisme et les moeursChapitre 47 sur 122 · Philippe G***, étudiant en droit · texte numérisé non relu

Philippe G***, étudiant en droit

On goûte une joie orgueilleuse à être d' « un siècle qui a enfin connu et qui pratique toutes les orgies du sentiment ».

Merci, mon Dieu, merci ! Ta bonté m'a fait naître A l'époque bénie où l'on a pu connaître Les saintes passions, les orages du coeur; Où l'âme longuement s'abreuve de délices, Sans jamais éprouver de plus cruels supplices Qu'un excès de bonheur ( .

Ce n'est pas en effet la qualité qui importe pour l'heure, c'est la quantité, l'intensité surtout, nous l'avons déjà remarqué. « Les têtes passionnées ne marchandent point avec leurs sensations ; pourvu que la somme y soit, elles s'occupent fort peu de la durée des choses 2 » — et de leur valeur intrinsèque. L'essentiel est d' « avoir chaud à l'âme », et on ne regarde pas aux moyens de se procurer cette chaleur fiévreuse.

Mes besoins et mon sang me guident sur la route ; Mon sang me parle, à moi, c'est mon sang que j'écoute ; Je ne pense pas, moi, j'ai des sensations, VA mes simples désirs valent vos passions 3.

C'est à qui pratiquera avec plus d'ardeur et plus complètement la mode nouvelle. De là le désir constant de ren-

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