‹ Le romantisme et les moeursChapitre 51 sur 122 · I. Jules D*", « volcanique » (signature ordinaire · texte numérisé non relu

I. Jules D*", « volcanique » (signature ordinaire

le trop-plein du cœur qui sans cela serait trop vite submergé ». Donc, avec une délicatesse exquise que le lecteur sans doute appréciera, notre amoureux transcrit pour son ami la lettre qu'il vient d'envoyer à la cruelle. « Je lui disais : « Tu es ange ; si tu savais pourtant ce qu'un ange est « capable de faire souffrir ! . . . Oh ! prends pitié de moi, prends « pitié de nous plutôt. Ne nous fais pas attendre plus long- « temps le bonheur... C'est vrai, tu ne sais pas, comment le « saurais-tu? C'est de la lave que je porte dans le cœur, tant «je le sens ardent au milieu de ma poitrine !... Non, jamais « tu n'auras été aimée de la sorte... » Inutile de mettre sous les yeux du lecteur l'interminable série de ces modestes affirmations ; mais il serait injuste de ne pas lui laisser savourer, comme on jugera qu'elles le méritent, les exquises réflexions qui suivent.

Notre volcanique soupirant a eu peur de s'être trop avancé ; car enfin les assourdissantes éruptions et les tremblements de terre peuvent fort bien ne pas être du goût de tout le monde. Si Mme F*** allait être épouvantée de tout cet étalage de « frénétisme » et de « volcanisme » ! Il serait peut-être prudent de la rassurer, sans que la passion qu'elle a inspirée perdît trop de sa « dévorante énergie ». « Mais peut-être éprouves-tu devant la flamme menaçante une involontaire terreur? Tu crains peut-être de mourir consumée dans mes bras ? J'éteindrai alors pour toi le volcan que je porte dans mes entrailles, ou plutôt je lui commanderai d'étouffer ses rugissements et de modérer ses brûlantes ardeurs ; il ne fera plus entendre que des murmures, son haleine ne sera plus que tiède, et tout autour de lui le sol ne tremblera que pour te bercer1... » Si Mmc F*** ne s'est pas laissée attendrir, c'est

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