‹ Le romantisme et les moeursChapitre 6 sur 122 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Des documents inédits ayant été l'occasion de cette étude, elle en renferme donc un certain nombre. Au reste, rien ne développe à l'égal de l'individualisme u la manie écrivante », et il est naturel qu'une époque où tout le monde se croyait « artiste » ait produit force barbouilleurs. Que valent ces documents? Leur mérite littéraire est en général fort mince ; mais, nous l'avons déjà dit. il n'est pas question ici de littérature. C'est même justement cette médiocrité artistique qui fait en l'espèce toute leur valeur. N'étant presque jamais destinés à la publicité, ils n'en expriment qu'avec plus de sincérité l'état d'âme de ceux qui les ont écrits. On est bien sûr dès lors d'avoir affaire non à des auteurs, mais à des hommes ; et c'est précisément pour nous la chose importante.

Leur origine est fort diverse. Il en est — assez peu à la vérité — qui furent écrits par des mains aristocratiques, d'autres — un peu plus nombreux — que signèrent de simples rapins ou des bohèmes. Mais la plupart émanent de jeunes gens et de jeunes femmes qui, sans avoir jamais eu, semble-t-il, une personnalité bien marquée, appartiennent cependant à cette catégorie sociale qui forme en France la meilleure et la plus sûre clientèle des écrivains, surtout quand ces écrivains sont des romanciers ou des auteurs dramatiques. Ces témoins, nous venons de le dire, sont jeunes en général : on ne subit d'influence vraiment sérieuse qu'autant que la formation intellectuelle et

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