‹ Le romantisme et les moeursChapitre 66 sur 122 · Philothée O'Neddy, Fragment cinquième · texte numérisé non relu

Philothée O'Neddy, Fragment cinquième

le vague amoureux de ses ondulations, ses mutineries sous une main d'amant, glisseuse comme la couleuvre, dense ou divisée, compacte ou infinie comme les rayons de la lune quand ils viennent inonder le temple saint à travers les vitraux coloriés. Si l'on savait ce qu'il y a de flatteries pour les yeux dans les diverses combinaisons de son architecture, de rêveries attendrissantes dans l'insaisissable de ses émanations, le soir, quand la brise tiède de l'été emporte avec elle les molles harmonies du crépuscule. Oh ! mon Dieu ! si l'on savait ce qu'on trouve là d'illusions saisissantes, de frémissemens ambitieux; ce que la vitalité reçoit d'excitation, ce que la pensée répand de béatitude sur l'âme ainsi impressionnée, on ne demanderait plus rien à la femme qui aurait fait comprendre le spiritualisme de cette volupté *. »

Symptôme bien caractéristique, les femmes — quelques femmes — ne craignent pas de se mettre à l'unisson. Lisez par exemple les deux recueils de Louise Colet : le Chant des vaincus, Ce qui est dans le cœur des femmes, et dans celui-ci la pièce : Après avoir vu des tableaux vivants. Il est vrai que les « Muses » ne furent jamais soumises aux lois de la morale qui régit les humbles mortels.

Ces sentiments enfin et ce jargon sont si répandus et l'extravagance en est bientôt si évidente qu'on en fait la caricature.

Dans un dessin inédit, un jeune homme, écroulé sur un banc, agonise. Ses mains convulsives cherchent à déchirer, à ouvrir sa poitrine ballonnée, énorme. Deux hommes d âge mûr regardent avec pitié, et l'un explique à l'autre : « Une déclaration d'amour qui n'a pas pu sortir et qui l'étouffé. » Légende et dessin ne sont pas de la dernière finesse, mais la satire ne manque pas d'exactitude.

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