‹ Le romantisme et les moeursChapitre 74 sur 122 · A. Dumas, Angèle, v · texte numérisé non relu

A. Dumas, Angèle, v

3. A. Dumas, le Chevalier de Maison-Rouge, tableau VIII, se. vi.

4. George Sand, Jacques, 49. Cf. aussi la lettre de Fernande à Clémence, dans le même roman, p. 62.

retrouver quand c'est nécessaire. — « C'est un aimant qui m attire, et je suis la pauvre petite parcelle de fer qui ne peut pas résister... Je ne peux pas, je ne peux pas... C'est plus fort que moi, c'est fatal... Tu peux pleurer, et je sais que je pleurerai moi-même, mais il faut que la destinée s'accomplisse l. » C'est toujours et partout le même vocabulaire.

Entre deux familles également honorables et également distinguées, une union a été projetée pour deux enfants uniques. Tout conspire à assurer leur bonheur : intelligence, beauté, fortune, estime réciproque, considération générale. On est à la veille d'échanger les promesses des fiançailles, quand brusquement, à la ville d'eaux où villégiaturent les futurs époux et leurs parents, une femme « fatale » fait une foudroyante apparition. Tout romantisme elle-même, elle a vite ensorcelé le pauvre jeune homme. Le scandale est public. Une rupture est imminente. Prières, menaces, rien n'a pu le détacher de la « créature de perdition et de ruine ». Il rend enfin sa parole à la pauvre fiancée — qui mourut six mois après, d'une maladie de langueur. «... Vous avez le droit de me mépriser et celui de me maudire; méprisez-moi, maudissez-moi, je ne vous en voudrai jamais... Cependant, s'il vous reste au cœur encore un vestige d'affection pour celui qui fut votre ami et qui voudrait tant l'être encore, plaignez-moi surtout, oh oui ! plaignez-moi, plaignez-moi. . . Il faut que le vaisseau battu des vents cède à la tempête, il faut aussi que je cède à l'irrésistible passion qui m'emporte... Je sais ce que je perds en vous perdant ; je sais que je suis méprisable, je sais que je suis criminel, que je dois vous faire horreur... Mais je ne peux pas résister, je ne peux pas... Si une passion semblable s'était abat-

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