Justin C***, 31 ans
2. Variétés de spleen, c'est le titre d'un chapitre des Mémoires de Berlioz. Voir sur les nuances particulières de ce spleen, Ad. Boschot, la Jeunesse d'un romantique, 365. Cf. encore dans les Maladies du siècle, d'Alletz, le Désenchantement. — Sollicité de laisser un souvenir sur l'album de Mme de la Baudraye, Lousteau lui-même y inscrit des stances sur le spleen (Balzac, OEuvres complètes, VI, 427). — « La maladie de Bené nous tenait presque tous », avoue E. Bousse. D'après Saint-Marc Girardin, « les jeunes gens mêmes visaient à la misanthropie et se hâtaient de perdre l'illusion, sans prendre le temps d'avoir de l'expérience ». Cf. enfin de Barante, lettre à la duchesse de Broglie, du 3 mars 1831. — Il est distingué d'avoir ses jours de spleen.
A peine Le spleen le prenait-il quatre fois par semaine,
nous dit Musset de Mardoche; et tout comme un autre le Passereau de Petrus Borel connaît des jours à néant. Alors, « il n'y a que trois choses à faire, trois choses qui, toutes trois, anéantissent : s'enivrer à mort, dormir sans rêve ou se tuer : enivrons-nous et dormons... Des lumières ! du maryland ! et du ponche ! » — Sur l'ennui, ses ravages et ses dangers, il faut lire une page vigoureuse de Dominique, xiv, 259-260.
sements, sanglots. Spectacle qui manque par trop d'agrément, spectacle surtout bien vite monotone. Et l'on s'en était fatigué assez vite en effet, et d'assez bonne heure on en avait fait des plaisanteries.
« La désolation est vraiment sur notre Parnasse : c'est à qui se créera des chagrins, inventera des afflictions. Celuici est orphelin, celui-là est proscrit, cet autre est parricide. Les plus modérés se contentent de tuer régulièrement tous les mois leur maîtresse, afin de répandre sur sa tombe des larmes et des vers, à peu près comme nos élégantes, lorsqu'elles sont surprises par le changement de la mode, tuent bien vite une cousine de province, afin de prendre la robe de deuil l. »
Les occasions étaient fréquentes de développer le thème, on le développa.
Que de poètes en grand deuil Maintenant ont la larme à l'œil !
Celui-ci pleure sa grand'mère, Celui-là sa sœur ou son frère; Jamais dans les plus noirs romans On n'a vu tant d'enterrements.
Ah ! par pitié, Messieurs les Romantiques, Cessez donc d'entonner vos lugubres cantiques : Riez, Messieurs les Romantiques 2.
Ce sont là choses bien connues. Ce qui l'est moins peutêtre, et ce qui est pourtant tout aussi exact, c'est que toute cette mélancolie et toute cette tristesse ont passé de la poésie dans la réalité. Nous en avons donné des exemples,