‹ Le romantisme et les moeursChapitre 85 sur 122 · Journal des Débats, 20 juin · texte numérisé non relu

Journal des Débats, 20 juin

2. Le Diable boiteux, 17 mai 1824. Quoique antérieures à la période du romantisme qui nous occupe, ces railleries peuvent parfaitements'y appliquer.

nous en donnerons encore. Ce sont au surplus conséquences habituelles du régime romantique : elles ne sont pas pour le recommander.

Et l'ordinaire pratique de la plupart des écrivains d'alors n'était pas non plus pour réduire ou corriger d'aussi fâcheux résultats. Il est vrai, tout comme les plus obscurs disciples du romantisme et pour les mêmes motifs, ils ont 'souffert '. Et sans doute, ils ont des excuses. Une organisation plus riche, une imagination plus vive et plus féconde, une sensibilité plus frémissante et toujours prête à se déborder, d'un mot tout ce qui les rendait « artistes » les rendait aussi capables d'être plus profondément affectés de tout ce qu'il y avait alors, dans l'air ambiant, d'angoisse, de malaise et de fièvre. Ils ont été malheureux, c'est incontestable. Mais n'ont-ils pas pris un orgueilleux plaisir à « porter leur cœur en écharpe » et à « étaler leur ulcère »,

1. Cf. Lamartine, Correspondance, V, 526; Rabbe, Œuvres, II, 150 ; A. de Musset, Confession d'un enfant du siècle; George Sand, Préface de Lélia, Histoire de ma vie, II, 174, Lettres d'un voyageur; Correspondance de Flaubert, passim, surtout avril et août 1846; Sainte-Beuve, Correspondance , lettres à Sellèque et à Loudierre. Le 25 juin 1862, Sainte-Beuve écrivait à M. de Frarière, auteur d'un livre sur les Influences maternelles pendant la gestation : « Ma mère a perdu mon père la première année de son mariage, elle était enceinte de moi ; elle m'a donc porté dans le deuil et la tristesse ; j'ai été abreuvé et baigné de tristesse dans les eaux mêmes de l'amnios ; eh bien, j'ai souvent attribué à ce deuil maternel la mélancolie de mes jeunes années et ma disposition à l'ennui. » Et l'on connaît le mot de Lamennais : « Mon âme est née avec une plaie ». Cf. encore sur l'ennui les lignes écrites par H. Heine sur un feuillet d'album et citées parPh. Audebrand, Petits Mémoires du XIXe siècle, p. 2.

bien loin de chercher les moyens de soulager leurs maux, sinon d'en guérir l? N'auraient-ils pas pu faire leur devise de la phrase du grand ancêtre : « Homme, tu n'es qu'un songe rapide, un rêve douloureux, tu n'existes que par le malheur, tu n'es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l'éternelle mélancolie de ta pensée » ? La plupart de leurs œuvres n'en sont-elles pas le navrant commentaire? On le dirait du moins, à les voir rivaliser d'éloquence, ou peut-être de virtuosité, dans l'expression de leur misère intime, par un effet de cette coquetterie sentimentale dont nous connaissons déjà tant d'exemples. On se fût fait scrupule autrefois d'exposer ainsi sa détresse morale au grand jour, et il répugnera toujours sans doute aux âmes délicates et généreuses d'acheter la pitié par l'étalage de leurs faiblesses. C'est prudence au surplus ; car faire le moindre fond sur la compassion durable et sur la charité continue d'autrui suppose une jolie dose de naïveté, exactement comme croire intéresser par l'éternelle exhibition de son u moi » suppose une jolie dose d'impertinence. Mais ce sont là nuances dont on se souciait bien alors. << Moi » toujours, <( moi » partout : ils ne connaissent, ils ne disent, ils ne chantent que leur « moi » ; et ce qu'avec une infatigable

1. Ils soal même les premiers ;i regarder leur mal comme incurable. « L'ennui n'a pas de cause, vouloir en raisonner et le combattre par des raisons, c'est ne pas le comprendre. Il fut un temps où je regorgeais d'éléments de bonheur et où j'étais véritablement très à plaindre ; les deuils les plus tristes ne sont pas ceux qu'on porte sur son chapeau. » Flaubert à Maxime Du Camp, avril 1846. Et l'on sait qu'il signait quelquefois ses lettres à George Sand — encore en 1873 et 1874 — « Gustave Flaubert, autrement dit le -R. P. Çruchard des Barnabites, directeur des Dames de la Désillusion... Plus çruchard que jamais ». — Stendhal allait encore plus loin : « Une chose fait naître le grand génie, c'est la mélancolie », écrivait-il à sa sœur Pauline. Cité par M. Arbelet, Revue bleue, 8 juin 1907.

complaisance ils en offrent à tous les regards, c'en est presque toujours la partie la plus pitoyable, parce que c'est, à leur avis du moins, la partie la plus intéressante. Elle est trop sévère certes, et elle est injuste, la boutade de ce magistrat : « La littérature d'aujourd'hui ? Un hôpital, quand ce n'est pas un mauvais lieu. » Mais ne dirait-on pas que les adeptes du romantisme ont fait tous leurs efforts pour mériter au moins une partie de la rude appréciation ? Chacun d'eux n'a-t-il pas invité le public à plonger ses indiscrets regards

Jusqu'au fond désolé du gouffre intérieur?

Et ce « gouffre », ne l'a-t-on pas toujours présenté comme plus « désolé » que le gouffre d'autrui ? C'est le travers que, pour en avoir été atteint lui-même, Musset raillait plus tard :

Lorsque nous avons quelque ennui dans le cœur, Nous nous imaginons, pauvres fous que nous sommes, Que nul autre avant nous n'a senti la douleur.

Ce fut le travers de tous les romantiques LA les entendre, personne n'a souffert comme eux. « Oh ! je vois bien que les autres ne souffrent pas la centième partie de mon mal, — peut-on lire dans Jacques. Ils se désolent cent fois plus haut, parce qu'ils ne savent vraiment pas ce que c'est que la douleur. Insolents sybarites, ils se plaignent

1. « Ah ! si tu connaissais ma vie! — Ah ! s'écria Emile, je ne te croyais pas si vulgaire, la phrase est usée. Ne sais-tu pas que nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres? » Balzac, la Peau de chagrin (Œuvres, XV, 63). M. Anatole France dit bien plus justement (Préface des Poésies de Sainte-Beuve) : « On croit longtemps qu'on est comblé d'infortunes rares et de magnifiques tristesses. Puis on reconnaît un jour qu'on se flattait et que, même en douleur, on mène un train fort ordinaire. »

du pli d'une rose. » Et ne croyez pas que ces orgueilleux propos d'un des personnages favoris de George Sand soient amertume passagère, crise rapidement franchie de désespoir : c'est état permanent et conviction inébranlable. « Pour tous les humains, le malheur est une hymne funèbre qui passe, et dont les notes se perdent peu à peu dans l'éloignement ; quand la dernière s'envole, l'oreille n'en conserve pas le son. Pourquoi mugissent-elles toutes autour de moi? Pourquoi cet éternel chant de mort qui s'élève à toute heure dans mon âme?... Pourquoi mon front est-il ceint d'épines qui le déchirent à chaque souffle du vent dans les fleurs dont les autres se couronnent ? » Rien n'est conforme à la doctrine de l'individualisme comme de se déclarer une créature d'exception.

Et rien aussi n'est conforme à la même doctrine comme de se complaire dans cette exception, quelle qu'en soit l'origine et la nature. Chateaubriand et Byron ne sont-ils pas d'ailleurs d'assez illustres modèles? Ils ont bâillé leur vie, on la baillera comme eux. On dira volontiers de la mélancolie qu'elle est votre « idiosyncrasie ' » ; on gémira

1. C'est Petrus Borel qui le disait de lui-même. — « Ma maladie habituelle est l'ennui » Stendhal). — Vigny, Musset, Flaubert, G. Sand, Th. Gautier, tous s'ennuient ; et de ce navrant état d'âme, c'est peutêtre Flaubert qui a laissé l'analyse la plus exacte et la plus douloureuse. Il écrivait, en 1841-, à L. de Cormenin : « Connaissezvous l'ennui ? Non pas cet ennui commun, banal, qui provient de la fainéantise ou de la maladie, mais cet ennui moderne qui ronge l'homme dans les entrailles, et d'un être intelligent fait une ombre qui marche, un fantôme qui pense. Ah ! je vous plains si cette lèpre-là vous est connue. On s'en croit guéri parfois, mais un beau jour on se réveille souffrant plus que jamais. Vous connaissez ces verres de couleur qui ornent les kiosques des bonnetiers retirés. On voit la campagne en rouge, en bleu, en jaune. L'ennui est de même. Les plus belles choses, vues à travers lui, prenne.it sa teinte et reflètent sa tristesse. Quant à moi, c'est une maladie de jeunesse qui revient à mes mauvais jours comme aujour-

à tout propos qu'on s'ennuie, et l'on étalera sans vergogne la faiblesse, l'atrophie de volonté dont de pareilles confidences sont le navrant aveu : voyez les Mémoires d'un fou, de Flaubert, sa Correspondance, et la Correspondance, inédite, de son ami Le Poittevin. Mieux encore, << on cultivera son ulcère », et si l'on écrit, ce sera pour le développer, tel Sainte-Beuve dans Joseph Delorme l.

Des observations sur le mal du siècle rapides comme celles-ci ne sauraient avoir la prétention, on le conçoit, d'y distinguer des moments divers ou encore des courants, suivant l'expression à la mode. Il y en a eu cependant. A considérer les choses d'un peu haut, on peut réduire à deux les espèces d'influence qu'a subies la génération romantique, c'est-à-dire les genres de modèle dont elle s'est éprise. Il y a eu le révolté, et il y a eu le mélancolique, le disciple de Byron et celui d'Obermann, Antony, si l'on veut, et Joseph Delorme. Les violents se rangèrent du côté de Byron, les timides et les résignés préférèrent le mélan-

d'hui. » Et Fromentin, avec une fine ironie, disait à peu près la même chose :« Je suis un exemple de certaines affinités malheureuses qu'on ne parvient jamais à conjurer tout à fait. J'ai fait l'impossible pour n'être point un mélancolique, car rien n'est plus ridicule à tout âge et surtout au mien ; mais il y a dans l'esprit de certains hommes je ne sais quelle brume élégïaque toujours prête à se répandre en pluie sur leurs idées. Tant pis pour ceux qui sont nés dans les brouillards d'octobre! ajoutait il en souriant à la fois et de sa métaphore prétentieuse et de cette infirmité de nature dont il était 'au fond très humilié. » Dominique, i, 4. — Voyez encore ce que Gueneau de Mussy, dans une Vie de Rollin, disait de la jeunesse de son temps, et le portrait de Cléon, ou du jeune homme de 1817, par M. de Rémusat. Et relisez surtout les Œuvres et la Correspondance inédites d'A. Le Poittevin.

1. « Joseph (Delorme) avait pour principe de ne pas étaler son ulcère (souligné dans le texte) ; et sans le journal qu'il a laissé, nous n'en aurions jamais soupçonné tout le ravage. » Sainte-Beuve, Vie de Joseph Delorme. Que serait-ce, grands dieux ! s'il avait eu le principe contraire, et s'il eût été indiscret ?

colique héros de Sénancour. Mais tous ces types littéraires restaient encore trop au-dessus de la foule. La destinée et les malheurs d'un Manfred et d'un Lara ont quelque chose d'extraordinaire, d'unique et qui ne convient qu'à des créatures d'exception ; il y a incontestablement du ridicule à prétendre les imiter de trop près. De même Obermann contient beaucoup de métaphysique. Il fallait vulgariser tout cela, l'abaisser au niveau de la moyenne humanité, et c'est à quoi, de toutes ses forces, travailla l'école de

On se partagea le travail. Avec Victor Hugo et Alexandre Dumas, le théâtre mit à la mode le satanique, le révolté, tandis que Joseph Dclorme popularisait le mélancolique et l'impuissant, le « raté », dirions-nous aujourd'hui.

Du révolté il sera question plus tard. Voyons pour l'heure comment le personnage de Sénancour et celui de Sainte-Beuve, en développant le goût de la rêverie à outrance, la mélancolie perpétuelle *, en sont arrivés à tarir les sources de l'énergie et à faire prendre en aversion toute espèce d'activité, Obermann et Joseph Delorme, d'influence d'autant plus redoutable qu'ils étaient plus voisins des lecteurs, qu'on se reconnaissait en eux plus facilement et que donc la tentation était plus naturelle de les prendre pour modèles et de leur ressembler 2.

1. On connaît les deux épigraphes de la Vie de Joseph Delorme : Sic ego eram illo tempore, et flebam amarissime et requiescebam

in amaritucline (Saint Augustin, Confess., liv. IV).

Je Vai vu, je l'ai plaint, je le respectais ; il était malheureux et bon. Il n'a pas eu des malheurs éclatants; mais, en entrant dans la vie, il s'est trouvé sur une longue trace de dégoûts et d'ennuis ; il y est resté, il y a vécu, il y a vieilli avant l'âge, il s'y est éteint (Sénancour, Obermann).

2. « Cette création est venue à son heure ; elle ferme avec Y Emile, de M. de Girardin, le cycle des jeunes ténébreux. » A. France, Sainte-Beuve poète, xiv, en tête des OEuvres complètes. Le cycle n'avait que trop duré.

« Obermann est bien le livre de la majorité souffrante des âmes : c'en est l'histoire désolante, le poème mystérieux et inachevé. J'en appelle à vous tous, qui l'ave/ déterré solitairement, depuis ces trente années, dans la poussière où il gisait, qui l'avez conquis comme votre bien, qui l'avez souvent visité comme une source, à vous seuls connue, où vous vous abreuviez de vos propres douleurs, hommes sensibles et enthousiastes, ou méconnus et ulcérés ! génies gauches, malencontreux, amers : poètes sans nom, amants sans amour ou défigurés ' ; toi, Rabbe, qu'une ode sublime, faite pour te consoler, irrita ; toi, Sautelet qui méditais depuis si long-temps de mourir ; et ceux qui vivent encore et dont je veux citer quelques-uns 2. »

Sainte-Beuve aurait pu décupler sa liste, surtout après la publication du manuscrit de Joseph Delorme : il aurait pu

1. Comme s'il craignait de ne l'avoir pas suffisamment caractérisé. Sainte-Beuve ajoute : « Obermann est le type de ces sourds génies qui avortent, de ces sensibilités abondantes qui s'égarent dans le désert, de ces moissons grêlées qui ne se dorent pas, des facultés affamées à vide, et non discernées et non appliquées, de ce qui, en un mot, ne triomphe et ne surgit jamais; le type de la majorité des tristes et souffrantes âmes en ce siècle, de tous les génies à faux et des existences retranchées. » Vulgariser ce type n'était certainement pas faire œuvre bien réconfortante. Sainte-Beuve achevait ainsi ce qu'avait commencé Jean-Jacques et ce que Chateaubriand et Byron avaient si vivement poussé.

2. Faisaient encore partie du même groupe Jules Bastide, J.-J. Ampère, Franck-Carré et Albert Stapfer. C'est J. Bastide qui parait avoir subi le plus profondément l'influence de Sénancour; il cite très souvent Obermann dans ses lettres. Ampère fut, après lui, le plus intoxiqué. Cf. à la fin du livre de M. J. Merlant, Sénancour, poète, penseur, etc., une étude détaillée de l'influence de Sénancour sur Sainte-Beuve, George Sand, Vigny, Maurice de Guérin, Amiel et quelques autres.

même la centupler. N'avait-il pas, en effet, contribué pour sa part à l'allonger singulièrement, en présentant ainsi au public une nouvelle édition du livre de Sénancour, et en publiant son Joseph Delorme, dont il disait lui-même :

« A toute épDque, et à la nôtre en particulier, une publication de cette nature ne s'adresse, nous le savons, qu'à une classe déterminée de lecteurs, qu'un goût invincible pour la rêverie, et d'ordinaire une conformité douloureuse d'existence, intéressent aux peines de cœur harmonieusement déplorées. Mais si ce petit nombre perdu dans la foule ne reste pas insensible aux accents de notre ami, si ces pages empreintes de tristesse vont soulager dans leur retraite quelques-unes des âmes, malades comme la sienne, qu'un génie importun dévore, que la pauvreté comprime, que le désappointement a brisées, ce sera pour nous la plus douce récompense de notre mission pieuse. »

Pure illusion, dont se bercent volontiers les auteurs ! Mieux que personne cependant, Sainte-Beuve n'aurait-il pas dû savoir qu'il en est des maladies de l'âme comme de celles du corps, et que, bien loin de les guérir, la simple description, sans autre thérapeutique, ne fait en général que les aggraver ? S'il avait pu lire le Journal d'un résigné, peut-être eût-il changé de langage '. Mais les auteurs reconnaissent-ils jamais leurs enfants intellectuels, quand leur amour-propre de père n'est pas intéressé à la reconnaissance ?

Qu'après la publication de Joseph Delorme — suivi à quatre ans de distance par la seconde édition d'Ohermann2 — il y

1. Il avait été si profondément Joseph Delorme, oul'amour-propre de l'homme de lettres était en lui si vif, qu'en septembre 1869, il envoyait à M. R. Chantelauze un exemplaire de ses Poésies, avec cette dédicace : Amico R. (Chantelauze. Haec juvenilia senex, nec tamen pœnitens, Sainte-Beuve. Cf. Correspondance, II, 239, éd. C.-Lévy, 1878.

2. Ohermann, qui parut en 180i, ne fut lu et donc n'eut son plein effet qu'à partir de la deuxième édition, c'est-à-dire à partir de 1833.

ait eu recrudescence du mal si minutieusement décrit dans les deux livres, rien n'est plus vraisemblable. Dans les document? que nous avons eus sous les yeux, il n'en est pas de quelque distinction où ne reviennent assez souvent des souvenirs de Sénancour et de Sainte-Beuve. On est flatté de retrouver dans leurs personnages quelques-unes des impressions qu'on a eues soi-même, et ce commencement de ressemblance incite à les étudier et k les imiter d'autant plus.

« Je m'abandonne k Ohermann ; il deviendra bientôt mon livre favori... l »

« Relisez les Poésies de Joseph Delorme ; vous nous y reconnaîtrez sans peine... ~ »

« Je ne suis donc pas extraordinaire k ce point, comme on le dit toujours autour de moi, puisque je rencontre dans ces pages (de Sénancour) quelques-uns des sentiments que j'ai déjà éprouvés... :3 »

Mais, au lieu de continuer des citations de ce genre, peut-être vaut-il mieux montrer par l'étude un peu détaillée d'un cas particulier comment une âme prédisposée k la mélancolie et k la tristesse s'en laisse complètement envahir, quand elle n'a que des livres de cette sorte pour tout viatique.

Un goût passionné pour la lecture, des habitudes sédentaires avaient développé k l'excès chez Gustave P*** la rêverie, la dangereuse « sirène des âmes », comme disait Flaubert 4. Toujours confiné dans son cabinet, ne lisant guère

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