Léon B***, « Jeune-France
3. Id. — Il n'y a là que transposition d'Hernani ou de la Coupe et les lèvres et de Portia.
Je suis une force qui va...
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !
Une destinée maudite suppose nécessairement toutes sortes de choses étranges et redoutables. Comme ce n'est guère le lot dune existence humaine, on appelle alors l'imagination à la rescousse, — comme toujours, — et l'on se donne par artifice ce que la réalité est incapable de fournir. Le désir est général d'avoir « du remords et du sang au fond de sa destinée ». « J'aurais voulu être en ce temps romantique un être dévoré de douleur et accablé d'un immense remords », écrivait George Sand à Charles Edmond, le 26 septembre 1875 ; « j'étais embêtée (c'est elle qui souligne) de n'avoir pas commis un crime qui me permît de connaître l'ivresse du désespoir ! »
D'autres encore, et en assez grand nombre, furent embêtés pour les mêmes raisons, ou du moins ils mirent toute leur application à le paraître.
<( Et cet Andréas, qu'en dites-vous ?
— Il fait tout ce qu'il peut pour avoir du génie.
— Pauvre Andréas ! Savez-vous ce qui le désole ? Il voudrait avoir la face maigre et terreuse;... il donnerait ses cheveux pour être un enfant trouvé, sa barbe pour être un échappé du bagne, et ses drames pour avoir étouffé sa maîtresse dans ses bras '. »
Le romancier exagère à peine, ou plutôt il ne fait que
Une âme de malheur faite avec des ténèbres ! Où vais-je? Je ne sais. Mais je me sens poussé D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Hernani, III, 4.
T'est-il jamais venu dans l'esprit de connaître
Qui j'étais? qui je suis?...
A-t-elle pu tomber et se faner si vite
Pour avoir une nuit touché ma main maudite ?
Musset, Porlia.