I. AN fONlSME
ilécrire avec fidélité un type qui l'ut alors à la mode. Un de ces maudits vient d'épancher son cœur en lyriques et tumultueuses confidences, « amères et sombres », naturellement: et il conclut : << Voilà les pensées qui m'obsèdent et qui frappent aux parois de mon cerveau, comme un vol effarouché de chauves-souris lugubres... Mon âme ne serait pas étreinte d'angoisses plus tragiques, si j'avais commis un crime. Alors, pourquoi ne l'avoir pas commis en réalité ? Mes souffrances et mes terreurs auraient une excuse ; je pourrais me dire ù moi-même que je n'ai pas tort d'être désespéré ' ... »
Avec de pareils états d'âme, comment s'abaisser aux pratiques vulgaires de la commune humanité ? On les ignore et on les méprise.
(( Je prétends entrer dans la société comme un dompteur dans la cage de ses fauves : il les cravache, il les fouaille... Et moi aussi je ferai tout agenouiller sous mon fouet vainqueur... Les lois? Elles ne sont faites que pour les lâches qui peuvent les subir!... Moi, je les brave, parce que je les domine... Si on veut que je les accepte, qu'on les grandisse à ma taille ~. »
« Obéir! — dit un autre. Et à qui? et de quel droit 3?...