‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 100 sur 394 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

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régénération de l’Église ». Ce jour luira-t-il pour eux ? Non, mais qu'ils en avancent l'aurore en alliant catholicisme et liberté 1.

Il y a d’ailleurs une hiérarchie dans ces amours pour

Dieu et pour la liberté : Montalembert, offrant sa vie pour cela, parle de

descendre dans la tombe avec la consolation d’avoir aimé Dieu encore plus que la patrie et la liberté et d’avoir aimé la liberté et la patrie, mille fois plus que la vie.

Et parce que, selon certains, la religion est incompatible avec la liberté et la résistance à la tyrannie exige que l’on secoue le joug d’un Dieu bienfaisant, Montalembert, prévoyant un divorce entre deux causes si chères, écrit le 29 décembre

la cause de la liberté de nos institutions triomphera, je n’en doute pas ; tant que cette liberté ne sera pas entièrement garantie, je combattrai pour elle, mais quand le moment du triomphe sera venu, quand les libéraux d’aujourd’hui seront dominateurs— ce qui arrivera däns bien peu de temps — mon rôle changera : ce ne sera plus la liberté et la charte qu’il faudra défendre. ce sera le christianisme... ; la vérité est encore plus pour moi que la liberté ?.

Après la révolution de Juillet, il répétera au baron d’Anckarsvärd : «l’autorité (on ne trouve pas souvent ce mot sous la plume de Montalembert...) quelle qu’elle soit, la religion, la morale publique sont cequiauront, maintenant, besoin de défenseur » #. Nous verrons d’ailleurs qu’en fait, après comme avant Juillet, Montalembert fera sienne la devise de l Avenir « Dieu et liberté », sans ménager beaucoup l’autorité temporelle !

Cette devise, quelle application lui conçoit-il alors ? A propos d’une discussion avec le duc de Rohan, Montalembert affirme qu’il ne tient pas pour des « chimères » la liberté et

1. Cité par Bucaille : Quelques années de la jeunesse de Montalembert, pp. 97 Sd. à

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