Lettres à un ami de collège : 5 juin 1827, p
8. Lettres à un ami de collège : juin 1827, p. 11 ; cf. p. 12 allusion à
gion : « C’est à nous, chrétiens jeuneset libéraux, qu'il appartient de montrer que l’union de la religion et de la liberté est non seulement chose possible mais nécessaire » 1, et voilà le pacte des deux amis : « La religion, la liberté : tels sont les fondements éternels de la vertu. Servir Dieu, être libres, voilà nos devoirs » 2. « La liberté sera notre seule passion, nous ne cesserons jamais de travailler pour l’établir et la consolider dans notre patrie... en vivant pour notre patrie, nous aurons aussi vécu pour Dieu * ».
Deux ans plus tard, en 1820, à Rio légitimiste et libéral, Montalembert confesse que leur âge, leurs goûts, leur avenir, les attachent aux idées nouvelles, tandis que leurs croyances religieuses, leurs « émotions morales » leur font « regretter avec amertume les siècles de foi et de dévouement...., envisager avec crainte et incertitude cet avenir si fécond en désenchantements ». Il le supplie de ne pas s’abandonner à ce découragement politique que Burke appelle si justement «la plus funeste des maladies », de ne pas désespérer d’une cause sacrée parce qu’elle semble momentanément avoir pour champions des individus dépourvus d’enthousiasme et de foi politique, pourris de « ce désolant individualisme qui depuis le triomphe du côté gauche paraît prendre chaque jour de nouvelles forces ». Loin de reculer vers le passé en se commettant avec les absolutistes, il faut
plutôt chercher à (se) mettre à la tête du mouvement actuel, à le maîtriser, à le diriger dans la bonne voie, à montrer que la foi religieuse n’est pas une puissance retardataire, que sa marche est moins timide, bien moins chancelante que celle d’une indépendance purement rationnelle.
Montalembert avoue qu’il a traversé des heures de désespoir et de découragement, mais il nie que soit ébranlée sa confiance en «l’amélioration graduelle de la société », et « la
Egmont et Hornes, célébrés par Gæœthe, héros de la liberté de conscience : tous deux furent décapités par le duc d’Albe pour s'être soulevés contre l’Inquisition.