‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 106 sur 394 · Journal : 26 décembre · texte numérisé non relu

Journal : 26 décembre

2. O. C., t. IV, De l’impartialité ministérielle et de l'intervention des écoliers dans le gouvernement représentatif (28 décembre 1830), pp. 114 sq. Là aussi quelques différences sans intérêt entre le texte du Correspondant et celui des Œuvres complètes, notamment à l’alinéa : « Eh! quoi M. Laffitte… » ainsi qu’à la dernière phrase.

3. Guizot : Mémoires…., t. II, p. 153, de l'édition Michel Lévy, 1850.

prompt rétablissement de l’ordre, la liberté est perdue ; avec le rétablissement de l’ordre, la certitude nous est donnée de la prospérité publique : le Roi, notre élu, la Fayette, Dupont (de l'Eure), Odilon Barrot, nos amis et les vôtres se sont engagés sur l'honneur à l’organisation complète de la liberté qu'on nous marchande, et qu’en juillet nous avons payée comptant. De l’ordre et alors on demandera une base plus républicaine pour nos institutions ».

D’aucuns eussent admiré la fierté du ton. Montalembert, lui, a lucidement vu la faute du gouvernement : la passion démocratique et les aspirations républicaines n'avaient rien qui pût séduire un aristocrate resté royaliste. Il a été épouvanté de l’agitation qui a entouré le procès et, le 10 décembre, hvre à son Journal les confidences les plus sombres : il prédit que le roi sera le jouet, puis la victime de la démocratie ; il constate que, décidé à combattre celle-ci, il se trouve malgré Jui accolé au parti des Carlistes.

« Les royalistes ?.. Tous ces jours-ci je n’en ai pas vu », répondait, peu après l’'embarquement de Charles X, Benjamin Constant à la Reine Marie-Amélie :. De fait, la catastrophe qui avait englouti la monarchie légitime les avait plongés dans la stupeur, réduits à l’inaction totale.

Montalembert réagit contre cet écrasement : c’est son œuvre au Correspondant. Le royaliste et l’aristocrate en Montalembert trouvaient mieux leur compte au Correspondant qu’à l'Avenir dont il écrivait : « Je ne m’abandonne pas à sa politique : je préfère celle du Correspondant ». Vainement, il tentera même d’unir le Correspondant et l'Avenir *. Mais sa sympathie pour les vaincus ne pouvait rejeter définitivement dans leurs bras le jeune libéral qui n’avait cessé de vitupérer Villèle, Martignac et Polignac les années précédentes. Sa jeunesse devait l’éloigner d’une cause si vieillie. Or, le Correspondant, quoique libéral, quoique ayant séparé son catholicisme du régime détruit, avait semblé gêné pour rompre cette solidarité dont l’épiscopat hésitait à se dégager. Le Correspondant était modéré : prudence, calme, étaient

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